Jeanmarc Raina
(Redirigé de jm)
- jeanmarcATrainaPOINTfr
Quelques empreintes numériques sur ce wiki :
http://wiki.crao.net/index.php/JeanmarcRaina?action=BackLinks.
Et cet autre
http://wiki.autrans.net/WhosWho/JeanMarcRaina.
Ci-dessous, extraites du wiki d'origine, des contributions dans le cadre de la préparation d'Autrans sur le sujet Les territoires de l'Internet. Nouveaux territoires, nouveaux communs.
JMR nous propose une contribution longue et très bien construite. Il distingue bien le géo-localisé et a-localisé. A lire: il nous dresse un tableau très large des questions qui se posent aujourd'hui, de quoi travailler jusqu'à Autrans 2010!! Bruno Oudet
Les territoires de l'Internet.
Le sujet retenu pour Autrans 2005 est au cœur du fait Internet. En effet, le territoire m'apparait comme un des deux enjeux majeurs de la mutation sociale que l’on devine en cours (nous ne parlons pas ici des bio-technologies). Le deuxième étant à mon avis le multimedia. Au croisement de ces deux thèmes, une finalité aisément envisageable des réseaux numériques : les territoires virtuels (certains parlent d’image habitable à terme).
Autrans est certes un lieu de réflexion sur les TIC, mais j’y trouve tout son intérêt dans les réalisations concrètes qui peuvent s’ensuivre. Pour cela, je m'attache par principe à la valeur opérationnelle des concepts, ces derniers devant clarifier les champs de l’action, et non la ralentir. J’aime beaucoup cette maxime : ‘’agir en homme de pensée et penser en homme d’action’’.
Je trouve ainsi utile de considérer deux types d’espaces pour l’action seulement : géo-localisé et a-localisé.
Le premier existe depuis toujours. Les enjeux concernent ‘’Internet DANS les territoires’’ : diffusion des outils et usages dans les populations, e-services citoyens.
Le second est lié à l’Internet et au multimedia . L’enjeu devient ‘’Internet COMME territoire(s)’’ : création des liens territoriaux local / distant, mise en place des espaces virtuels de coopération et d'échange.
On peut par ailleurs songer à la ''révolution Internet" comme à une combinaison de ces deux innovations pour alimenter réflexion et action :
l’agriculture : société en réseau, société mobilité <-> société sédentarité
la redéfinition de l’appartenance et des règles communautaires
l’émergence de territoires virtuels (co- élaborés en permanence)
le temps numérique ?
le territoire décentralisé
les tâches collaboratives ou coopératives
de nouvelles dimensions des cités et citoyennetés
néolithique
l’imprimerie : société de l’information / communication, supports multimedia et à terme univers virtuels tri-dimensionnels (révolution scripturale)
la décentralisation suppose des flux d’échanges d’informations permanents -> diffusion
l’information est multimedia
une mémoire des individus et des communautés est en ligne
IA et logiciels nous assistent dans les tâches “ relativement sottes ” ou répétitives
oral -> écrit (+ -> multimedia) : entre autre substitution du savoir fixé / analytique / rationnel à tradition et superstition (cf T)
portabilité -> objet personnel -> développement de l’individualisation (CRM, produits manufacturés personnalisés)
A chacun des deux espaces (géo-localisé et virtuel ou a-localisé) ses outils et buts dans le cadre d’un projet TIC au service des populations. J'insiste sur cette notion de BUT, qui à mon avis est fondamentale dans le cadre de l'utilisation de l'Internet et des dispositifs multimedia (fort pouvoir d'addiction), et peut être encore plus dans le cas particulier des espaces de coopération en ligne de type Wiki par exemple. Quant aux BUTS que doivent servir les initiatives publiques en matière de TIC... :-)
Bref... autour de ces rapides considérations, et en restant dans les limites de ces cinq catégories assez classiques, quelques axes de travail possibles.
Economie :
.impact de l'Internet sur les territoires de l'entreprise (les marchés en ligne ou virtuels, la guerre de l'intelligence économique, le client dans le processus d'élaboration de l'offre)
.l'organisation interne des structures de travail et de production (outils collaboratifs, fonctionnement en groupes de projets éphémères, délocalisation)
Politique et enjeux sociaux :
.le temps pour une démocratie consultative ? (un peu tôt pour une démocratie participative -y songer toutefois au niveau local- ou a fortiori directe) : comment ? :-)
.administration électronique, dématérialisation des supports administratifs, autres leviers (organisationnels) pour une plus grande efficacité et une baisse des dépenses publiques
.décentralisation supposant des flux d'information permanents à mettre en place entre les territoires pour une coordination intelligente de l'action dans les ensembles territoriaux (suppression des doublons, synergies)
.le rôle des epn et autres lieux publics géo-localisés d'accès aux TIC dans le cadre de la politique des villes, de la mise en place d'une démarche consultative intégrant également les populations difficiles (cette nouvelle implication, bien menée, comme un moyen de répondre à la violence et au rejet de la société, au désengagement par rapport au vote, etc)
Artistique :
.place des arts numériques dans les lieux d'exposition (problème de l'interactivité, de l'éphémère, de la lourdeur de certains dispositifs techniques, de la relative froideur des écrans (dispositifs d'immersion non encore prêts)
- Les arts numériques sont aussi les héritiers du situationnisme et de l'art conceptuel, ils peuvent être excessivement légers et evanescents. yann
- yann, je suis pas certain de comprendre ce qui sous-tend ta remarque :-) Parles-tu de cette idée de fin de l'histoire de l'art ? Reste tout de même la question du dispositif de présentation (ou plutôt expérience !) de l'oeuvre, qui à ce jour est bien frustrant en rapport de ce que les artistes numériques sont capables d'imaginer... jmr
.univers virtuels (l’aboutissement prévisible de la révolution technologique que nous vivons ?)
.les jeux vidéo en ligne, les mondes persistants, comme terrains d'expérience pour les univers virtuels à visée utilitaire à venir (10-15 ans?)
- hum, avec de la réalité augmentée alors ? yann
- que la réalitée soit augmentée (les experts étant alors les marines Us en Irak et en combat de nuit... :-o ) ou 100% virtuelle comme dans les laboratoires à ce jour, le questionnement et les enjeux restent fondamentalement les mêmes à mon avis. jmr
Sociologiques :
.communautés virtuelles (géographiques, thématiques, culturelles et ethniques) et imbrication avec les communautés (au sens large) que nous connaissons
.interactions local < ------ > distant et conséquences sur les limites des territoires d'action
Educatifs et cognitifs :
.complémentarité entre éducation scolaire actuelle et lieux d'accès publics aux TIC (Epn...) : modalités, représentations mentales et compétences à construire
.nouvelles compétences à transmettre pour un usage éclairé des réseaux multimedia, et qui semblent fondamentales dans cette phase actuelle d’appropriation des outils et de leur potentiel, particulièrement par les populations non encore équipées :
1- la capacité à élaborer une représentation mentale claire et fonctionnelle des structures d’information et des principaux outils et concepts de l’Internet et du multimedia
2- l’autonomie et la responsabilité face aux possibilités de participation et collaboration qu’offrent l’Internet et les réseaux décentralisés.
De Dominique Guardiola?
La séparation géo-localisé et a-localisé me plait assez. Par rapport à l' ‘’Internet COMME territoire(s)’’ vous évoquez principalement possibilité de création de liens distants, de tunnels de communication autrefois plus ardu à mettre en place.
La couverture "sémantique" du monde réel que peut avoir le web aujourd'hui constitue également un territoire à part entière : que l'on parle d'un sujet d'actualité ou des activités économiques présentes sur une zone géographique donnée, l'oracle Google dessine un continent délimité qui représente le taux de superposition actuelle du territoire Internet sur le sujet en question.
Un territoire parallèle, superposé aux choses, aux lieux et aux êtres est en train de se former; Et on accorde parfois plus de crédits à ces informations numériques, on voyage et on se renseigne d'autant plus sur le Territoire Internet qu'on est éloigné physiquement du lieu exploré, du vrai territoire.
Ce territoire Internet, réalité sémantique parallèle qui recouvre progressivement notre monde, le complète et le dévoile un peu plus aussi, correspond au Cyberspace "citoyen" de Barlow, pas à celui de Gibson (exclusivement virtuel et entièrement basé sur de nouveaux paradigmes) : la réalité impose tout de même sa géographie au Territoire Internet, qui, tant qu'il n'aura pas arpenté chaque hectare du "vieux monde" ne sera toujours que son double numérique...
D'ailleurs ou en est l'invitation de JP Barlow ???
On n'a pas réussi à inviter JP Barlow. J'ai lu vos textes, cela mériterait un véritable article le rassemblement des contenus de cette page -bo
Dominique, j'ai lu avec intérêt votre texte ci-dessus. Peux t'on dire à votre avis que la réalité sémantique parallèle que vous évoquez (j'aime assez cette image), repose d'une certaine manière sur une réalité lexicale (les outils du net) et syntaxique (leurs usages) propre ? Vous employez le terme de double numérique. Sur ce point par contre, je reste dubitatif. Le numérique étant "bouleversifiant" pour chacun de nous, certes nous fonctionnons beaucoup encore par analogies avec ce que nous connaissons (d'où le double). Quelques formations que j'ai donner sur ces choses là mont montré que ces analogies sont bien souvent indispensables, mêmes si imparfaites. Mais la nature du numérique (net, VR, etc) n'est elle pas un nouveau territoire virtuel (ou en puissance pour mettre tout le mobnde d'accord). Alors plus de double, mais une véritable création ...? Pour finir, la perspective que vous évoquez (cf tant qu'il n'aura pas arpenté chaque hectare du "vieux monde") me laisse songeur. jmr
Interview De Guy Frery (Chargé de communication - SIVU des Inforoutes de l'Ardeche), réalisée par Jeanmarc Raina.
L'interview se concentre sur le retour d'expérience quant à la mise en place d'outils coopératifs de travail en ligne, menée depuis plusieurs années dans ce département. Les usages, et non les techniques, constituent le cœur de l’interview.
Les usages réels et constatés de ces TIC dévoilent notamment de bien intéressants écueils rencontrés par ces projets, et Guy Fréry les analyse avec clairvoyance.
Très intéressant -bruno oudet
Interview
1. Les projets dans lesquels vous êtes impliqué concernent plusieurs types d'acteurs différents : institutions publiques et administrations, entreprises, milieu éducatif.
Pouvez-vous pour ces types d'acteurs donner les particularités propres quant aux blocages, manifestations d'intérêt, usages réels concernant les outils coopératifs que vous avez mis en place, listés ci-dessous.
Si vous avez remarqué des évolutions dans les appropriations, sur quoi semblent-elles porter ?
Si des points importants vous viennent à l'esprit concernant d'autres acteurs, comme par exemple le réseau des centres multimedia ou le dispositif bibliothèques, pouvez vous les préciser.
Avant de répondre plus longuement, il me faut préciser qu'un certain nombre d'applications ont été prévues uniquement dans le cadre du projet européen Nitoura qui a duré 20 mois de novembre 1999 à juin 2001. Je noterai ces applications d'une astérisque.
----Club communautaire (cf club des entreprises)*
--Administration
Non concernées.
--Entreprises
Seulement trois entreprises avaient participé à l'époque. Je pense que d'une part pour que ça ait marché il aurait fallu une "masse critique" bien plus importante, et que le concept n'était pas bon. L'entreprise est très "individualiste" et tendra naturellement à se faire faire son propre site web plutôt que d'avoir un ersatz de site communautaire (et surtout le même que le voisin…)
--Milieu éducatif
Non concerné.
----Liste de diffusion
--Administration
Nous avons créé une "liste-maires@inforoutes-ardeche.fr", qui rassemble les mairies ardéchoises disposant d'une adresse internet il y a environ trois ans. Aujourd'hui, près de 200 mairies ardéchoises (sur 271 communes adhérentes et 339 communes ardechoises) en font partie. A noter qu'elles ne s'inscrivent pas sur la liste mais sont inscrites d'office au fur et à mesure de la création des comptes.
Ce qu'on constate :
- les secrétaires de mairie (ou les maires) postent rarement des messages (environ une dizaine dans tout 2004) dessus. Là encore il y a nécessité d'une masse critique pour qu'une liste de diffusion se transforme en liste de discussion (on voit que la liste nationale des secrétaires de mairies -secretairedemairie@territorial.fr- véhicule une dizaine de messages par jour : l'échelon départemental est donc encore bien trop petit) ;
- par contre elles ouvrent désormais leur boite aux lettres tous les jours, ce qui fait que la liste est bien une liste de diffusion, utilisée par le centre de gestion de l'Ardèche, l'association des maires, nous-même, etc.
Pour nous l'ouverture de la boite aux lettres tous les jours est déjà une grande victoire.
--Entreprises
La liste des entreprises n'a été utilisée, sauf par nous, que très peu par les entreprises, quelque messages postés seulement pendant la durée du programme Nitoura. Il faut que les gens sachent exactement qui est sur la liste pour qu'ils aient confiance.
--Milieu éducatif
La liste-écoles existe depuis que le Sivu a commencé d'équiper et raccorder les écoles, soit depuis 8 ans. Elles était bien plus utilisée par les enseignants les premières années, quand elle représentait une communauté moins nombreuse de "précurseurs".
Aujourd'hui que la quasi totalité des écoles ardéchoises ont accès à Internet, la liste "ecoles@inforoutes-ardeche.fr" ne semble plus "chose commune". Il faut dire qu'elle aurait peut-être mérité d'être scindée au fur et à mesure de sa croissance en fonction du découpage administratif (et/ou pédagogique) des différentes inspections de secteur (environ 6 ou 7 en Ardèche).
Mais nous n'avons jamais pu travailler de concert avec l'Education Nationale pour affiner l'outil, malgré notre demande. Nous pensons qu’ils n’ont pet être pas voulu, préoccupés eux par la mise en place de leur propres outils de diffusion sur le domaine académique "ac-grenoble.fr".
Aujourd'hui la liste écoles est surtout utilisée en diffusion par des organismes en rapport avec les écoles, et parfois encore lorsqu'une école recherche des documents ou matériaux pour faire une expo, des infos sur des classes vertes, etc.
Une autre liste de diffusion existe qui rassemble les centres multimedia ardéchois. Plus le temps passe et les centres gagnent en autonomie, moins elle est active....Elle reste utile pour organiser les réunions d'animateurs, demander aux autres des trucs et tuyaux divers...
----Archivage de documents *
--Administration
Une seule mairie a tenté l'aventure de la GED. Le service "archives" de la mairie d'Annonay qui voulait numériser et mettre en ligne son fonds photographique. Mais elle a abandonné devant l'ampleur de la tâche à réaliser. Dans tous les applicatifs "métiers" il faut soit une obligation réglementaire, soit une volonté politique très forte pour pousser ce genre de réalisation car si le traitement de l'information est grandement facilité une fois les outils en place, leur mise en place demande des efforts énormes en temps de travail, donc en personnel, à répartir sur plusieurs mois, voire années.
Par ailleurs, un problème de surdimensionnement de l’outil peut être évoqué pour expliquer le peu d’usages.
--Entreprises
Pas d'expérience en entreprise.
--Milieu éducatif
Pas d'expérience.
----Agenda électronique partagé
--Administration
La communauté de communes d'Annonay l'a utilisé pendant plusieurs mois. Nous même au Sivu pendant plusieurs années et encore aujourd'hui.
Le propre de ce genre d'outils est qu'il est totalitaire. Le terme est un peu fort mais exprime le fait que l'outil n'a aucune utilité si tous les membres de l'équipe ne l'utilisent pas.
Donc soit il est obligatoire et il fonctionne très bien, soit il ne l'est pas et son usage, après le feu d'artifice du démarrage, décroit rapidement avec le temps.
En fait notre expérience montre qu'il est indispensable aussi que les chefs l'utilisent. Ce n'est qu'à partir du moment où l'emploi du temps des chefs est connu de tous que chacun accepte de publier le sien.
Autre remarque corollaire : il faut que le chef accepte de déléguer la tenue de son agenda à sa secrétaire pour qu'elle puisse le tenir en ligne, on ne peut pas compter sur le chef pour maitriser immédiatement toutes ces nouvelles technologies.....
Notre expérience au Sivu :
Au départ nous étions sur quatre sites, et l'agenda était indispensable pour coordonner rendez-vous et déplacements. Aujourd'hui que nous ne sommes plus que sur deux sites, l'utilisation a beaucoup décru et est bien moins évidente.
--Entreprises*
Pas d'expérience en entreprise : plusieurs du groupe "Nitoura" nous ont demandé de l'activer pour elles, mais aucune ne l'a réellement utilisé.
Peut-être simplement par manque d'accompagnement...
--Milieu éducatif
Pas d'expérience.
----Accès à des services de "messagerie unifiée" en fonction de leur mise en place*
--Administration
Echec total.
Nous même au Sivu n'avons jamais embrayé sur une utilisation professionnelle des passerelles tel vers mél, mél vers fax et inversement.
La seule utilisation que j'en fait est l'envoi de communiqués à la presse (mais aujourd'hui rares sont devenus les supports de presse sans adresse de mél) ou de communications aux mairies, car un certain nombre de communes adhérentes n'ont pas encore d'adresses mél.
--Entreprises
Nous n'avons pas réussi à les convaincre. Je crois que ce genre d'applications, devenues courantes aujourd'hui, étaient un peu novatrices il y a quatre ans et sont aussi réservées aux grandes entreprises, qui ont des services informatiques, donc pas vraiment besoin de nous.
Autre chose : nous étions tributaires d'applicatifs et de serveurs propriétaires, donc chers, et certains de nos fournisseurs ont même coulé.
Cela ne nous a pas encouragé à poursuivre.
--Milieu éducatif
Pas d'expérience.
----Visioconférence
--Administration
Malgré la configuration du département, à quelques exceptions près, les élus ardéchois n'ont pas vraiment adhéré à la réunion à distance et préfèrent rouler...
Il faut dire que notre système de visioconférence repose sur le réseau numéris. Il est donc cher : abonnement de 30 euros par mois pour un usage dédié. Embarquement du système également sur un PC de bureau, donc problème récurrents de configuration, connexion, multi-utilisations etc. Les nouveaux outils sous forme de kits, fonctionnant sans PC et avec un videoprojecteur sont plus faciles à utiliser.
--Entreprises
Un certain nombre, difficile à évaluer, a expérimenté la visioconférence dans nos centres multimedia qui en étaient tous dotés. Mais une visio d'entreprise est mal à l'aise dans un lieu public, il lui faut une salle dédiée, et si possible à domicile...Aussi la plupart des entreprises qui ont essayé la visio avec un objectif professionnel, se sont équipées et ont continué chez elles. Nous avons aussi assuré un certain nombre de prestations (réunions multisites, parfois intercontinentales) pour des grosses sociétés ou des hôpitaux avec notre pont de réunion, toujours en attendant qu'elles trouvent des solutions commerciales pas trop onéreuses.
--Milieu éducatif
Expérimentée au début du projet Inforoutes par quelques classes rurales. Deux ou trois classes l'ont utilisée pendant plusieurs années pour des usages pédagogiques, c'est à dire avec la classe entière impliquée dans la réalisation d'une session entre deux classes (une rurale une urbaine) pour par exemple découvrir un phénomène physique, ou avec des classes étrangères dans un cadre d'échange linguistique, etc.
Au début appréciée par les instituteurs qui s'y sont investis, parce qu'elle instaurait une nouvelle hiérarchie dans la classe (les plus dégourdis devant ou avec la caméra n'étant pas souvent les plus forts en thème), elle a été abandonnée car trop gourmande en temps. Une visio est comparable à une émission TV, tout doit être bien préparé, le son et l'image sont des domaines très exigeants en technicité et le résultat peut-être catastrophique pour des problèmes de micros ou de lumières qui n'ont pas été réglés.
Avec les centres multimedia, nous avons pendant plusieurs années fait des animations multisites, jusqu'à 7 sites en visioconférence multipoints : semaines de l'emploi et invitations de professionnels sur un thème (entrepreneurs, cci, anpe, etc), semaine de l'environnement, etc.
L'organisation de telles animations était importante pour entretenir l'esprit "réseau" du dispositif d'accès public ardéchois.
Nous avons arrêté lorsque des restrictions budgétaires (arrêt du subventionnement par France telecom, fin des emplois jeunes) nous ont conduit à supprimer le poste d'assistant à la communication qui me secondait.
Ex :
http://www.inforoutes-ardeche.fr/actualites/2002/sememploi2002.html
----Assistance à la création de site web
--Administration
Cela consiste surtout en conseils sur l'hébergement, le choix des technologies (statique, dynamique) pour les mairies adhérentes.
Le Sivu a mis en place des pages dynamiques pour les communes qu'elles peuvent modifier elles-mêmes (voir AMI et exemple à
http://www.preaux-ardeche.fr/).
Les applications qu'on a construites (mais en libre cette fois ci !) pour que les secrétaires et assistantes modifient les pages web sont en place depuis deux ans, mais l'utilisation commence à démarrer véritablement depuis quelques mois.
Bref, les TIC, c'est magique...pour ceux qui sont dedans jusqu'au nez !
Pour beaucoup de gens encore, c'est un truc un peu mystérieux pour lequel on ne manque pas d'appréhension. C'est carrément une culture à acquérir !
Le Sivu réfléchit à permettre, grâce à SPIP, à n'importe quelle commune un peu motivée de publier encore plus facilement et plus complètement sur le Web.
--Entreprises*
Limitée à Nitoura.
--Milieu éducatif
C'est le boulot de la hotline, d'un point de vue technique, d'assister les écoles quand elles veulent monter en ligne (hébergement, chargement, etc).
Mais nous ne prenons pas en charge tous les problèmes de conception, structuration et graphisme.
2. Avez-vous constaté que des synergies ont été facilitées ou émergé entre les différents types d'acteurs (administrations, entreprises, éducation) par les Tic que vous avez mises en place ? Lesquelles ?
Difficile à dire ! Les milieux sont tellement cloisonnés. Mais on peut quand même dire que l'Ardèche, depuis bientôt dix ans d'action, possède une culture Internet. Au niveau des entreprises, si nous avons eu des difficultés à rentrer dans ce milieu, à l'issue de deux ou trois opérations de partenariats avec les chambres consulaires, une opération "cybardeche" s'est mise en place et le relais a été pris par le milieu de l'entreprise lui-même. Voir
http:www.cybardeche.fr .
Le réseau cybardeche utilise les centres multimedia des Inforoutes pour approcher les artisans et commerçants ruraux.
En projet : A travers la mise en place d'un serveur de marchés publics des collectivités nous allons aussi donner la possibilité aux entreprises de s'abonner à un fil rss de ce site :
http://marchespublics.inforoutes-ardeche.fr
A propos de territoires un autre constat : ceux des collectivités et ceux des entreprises sont différents culturellement. Les entreprises ne font à priori pas confiance aux collectivités pour apporter des solutions à leurs problèmes. Lorsqu'on passe par les CCI c'est déjà plus facile... Comme s'il existait une sorte de défiance réciproque : le public ne fait pas confiance au privé pour la chose publique, mais l'inverse est aussi vrai !
Il faut donc apprendre à rester à sa place de médiateur...
3. Plus particulièrement dans le cadre du vaste programme de sensibilisation et formation que le programme européen vous a permis de développer, quels ont été pour les différents acteurs les centres d'intérêt particuliers, les points de désintérêt manifestes, les difficultés particulières rencontrées ?
--Administration
Le grand écart entre les directives nationales et les réalisations locales, qui tiennent entièrement à la personnalité du chef : préfet pour ce qui est de la préfectorale, inspecteur d'académie pour les questions scolaires, etc.
Le vieux problème de l'Etat français tellement hiérarchique que chacun est maître dans sa boutique et que malgré la pression gouvernementale, dans une préfecture de province, rien ne se fait qui ne soit voulu par le préfet lui-même.
Il a suffi d'un changement de sous-préfet à la sous préfecture de Tournon en 1998 pour faire capoter les balbutiements ardéchois de la dématérialisation du contrôle de légalité qu'on avait commencée de mettre en place avec le courrier électronique entre mairies et sous-préfecture. Qui ont repri et ont été avancés plus loin par le même homme sur sa nouvelle affectation à Chalons sur Saone, et ont été de nouveau interrompus après sa mutation en Pologne !
De la même façon nous avions commencé avec un autre préfet à faire des réunions visoconférence : préfet et ses services/maires d'un canton, qui étaient très prometteuses sur le plan des relations état/elus locaux.
Le préfet en question est resté quelques mois puis a été appelé au ministère pour développer...les nouvelles technologies.
--Entreprises
La remarque que j'avais déjà faite sur la crédibilité douteuse dont jouissent les organisations publiques auprès du privé, comme si par nature le public ne pouvait pas être efficace ! Et pourtant on sait bien qu'en France le public a été bien plus prompt que le privé à se saisir d'internet.
--Milieu éducatif
Pour démontrer ce qu'est l'esprit de cloisonnement et de pré carré : le Sivu a mis en place un programme de formation à la manipulation de l'informatique et d'internet en 1997, qui continue aujourd'hui de recevoir l'inscription (gratuite) de nombreux instituteurs.
Et bien 7 ans après, les instituteurss doivent toujours prendre sur leur temps personnel ces formations, ils ne sont toujours pas défrayés par l'inspection d'académie pour s'y rendre, malgré plusieurs demandes du Sivu !
4. Concernant certains services particuliers (type AMI, données géographique et cadastres, ...), avez vous des remarques à faire qui enrichiraient cette micro-interview sur les usages ?
Les meilleurs services sont ceux qui viennent de la base (demandés par les usagers). Une chose est certaine pour les applications métiers, c'est l'accompagnement qui détermine les usages. Nous l'avons vérifié chaque fois.
S'il y a accompagnement il y a usage. L'accompagnement commence au faire connaître, puis au rendez-vous en face à face avec la secrétaire de mairie, ou en stage de groupe, c'est aussi la mise en place d'un dispositif de formation permanente, puis enfin une hotline complètement disponible, avec un déplacement si le problème n'est pas résolu.
La plupart des applis que nous mettons en place se substituent à des usages déjà existants ou amènent des fonctions jusque là non assurées ; les gens n'en ont donc pas absolument besoin, sauf en cas de changement réglementaire. Il faut donc les prendre par la main pour les amener aux usages.
5. Suite à l'expérience que vous avez développée avec l'équipe SIVU depuis 7 ans, pensez-vous mettre en place des outils de type blog ou wiki au service des trois types d'acteurs susdits ? Pourquoi ?
A vrai dire on commence juste à s'intéresser aux blogs, wikis et autres outils de travail coopératifs en licence libre.
Une chose extrêmement intéressante est le fil rss qui les complète bien.
Je pense essayer d'intéresser le réseau d'accès public ardéchois au blog, la liste de diffusion est en effet un peu en bout de course et le blog me semble plus impliquant pour chaque membre de la communauté.
Merci
Ci-dessous la synthèse sous forme d’idées-clés tirées de plusieurs articles de Philippe Queau?.
Cette contribution vise à alimenter la plennière « Nouveaux Communs » avec son travail, peut-être un des plus éclairés qui soit façe aux enjeux du moment qui nous intéressent ici et maintenant...
Les articles, tous disponibles en ligne, dont sont issues les idées et propositions clés :
Growing the global good
Cyberpace and the United Nations
Vers un éthique planétaire, le défit du 3ème millénaire
Governing the global knowlege society
Cyberspace ou le jeu vertigineux du virtuel
Du bien commun mondial à l’âge de l’information
Cités universelles
Tous les savoirs du monde
Pour une éducation à la distance
Qu’est ce que le système des taxes de répartition
Internet : vers une régulation mondiale
Image habitable et société de l’information
Cyberterre et Noosphère
Cyber-culture et info-éthique
L’Université de l’Universel
La régulation mondiale de la société de l’information
Le virtuel et la grâce
Et voir "Vertus et vertiges du virtuel" (livre pour flirter un peu avec la propective – Philippe Queau? a créé le festival Imagina)
N‘hésitez pas à vous exprimer dans ces zones au sein du texte.
Les idées de Quéau ont été séparées en 4 parties.
Nouveaux territoires d’action, nouvelles coopérations.
Nouvelles éducations.
Nouvelles propriétés, nouvelles valeurs.
Divers
Nouveaux territoires d’action, nouvelles coopérations.
La régulation d’un media mondial comme Internet doit être traitée par des institutions de compétence et d’envergure mondiales. C’est à l’opinion publique mondiale et à la société civile mondiale de se mobiliser pour encourager les gouvernements à accélérer ce processus nécessaire. Il y a un enjeu fondamental à définir positivement la notion de service d’intérêt général, en matière de télécommunications, à l’heure d’Internet et de la mondialisation (cette notion pourrait s’adosser par exemple sur des principes éprouvés comme la continuité du service, l’universalité, l’obligation de desserte, l’égalité de traitement, la cohésion inter-régionale…).
L’auto-régulation du ‘’marché’’ ne saurait veiller à une définition de règles générales définies positivement et allant dans le sens de l’intérêt général à l’heure de cette société de l’information/connaissance. jm
Il faut envisager la possibilité de créer une union des entités supra nationales (Unesco, Onu,…), alliée à l’ensemble des laboratoires de recherche et développement en informatique, pour mettre en place des standards non propriétaires. Linux par exemple pourrait largement bénéficier en terme d’amélioration des fonctionnalités et de l’interface de ce type de coopération.
au delà de l’informatique ? quid de la non autonomie de fait de ces instances supra nationales ? Une alternative possible ? : jm
Les ONG doivent contribuer à faire émerger un Internet citoyen, pour répondre à la mondialisation des marchés et de la technologie déjà réalisée.
Utilisation également de l’expression « tract mondial »…
La volonté générale se définit (Rousseau) comme une décision collective quant à ce qui est bien pour la société entière. Cela s’oppose à la volonté de tous, somme des intérêts particuliers.
émergence… net… décentralisé… b attr… jm
La démocratie (un vote une personne) pourrait être une solution, les pauvres et exclus étant majoritaires.
hum hum…
La notion de contrat social est menacée d’éclatement, substituée par une multitude de contrats privés.
Les ordinateurs et l’nfrastructure des réseaux est matérielle, et permet la création d’échanges et de biens immatériels (+cf les cartes du cyberspace autrans…)
Un globe, de nombreuses tribus…
Communs et communautés jm
Comment conjuguer compétition, intérêt général , et régulation.
En rapport à la directive européene 96, les réactions de International Council for Science(ICSU) sans effet (la directive européenne pourrait irréparablement interrompre le flux ouvert et permanent d’informations que l’Icsu a mis longtemps à établir, et pourrait sérieusement compromettre les missions scientifiques et éducatives de ses membres) ; mais la propostion faite en 96 à Genève au World Intellectual Property Organization WIPO abandonnée suite aux protestations des PVD et de pays développés en asie et d’ONG.
De manière très générale, la prise en compte des intérêts des PVD et tiers monde dans le Bien commun. Monde par trop déséquilbré, le déséquilibre se renforcant sans cesse = monde à gros problèmes... (voir le papier sur les taxes de répartition, technique mais très révélateur de ‘’biais de marché’’ dans le domaine des flux d’informations, aux lourdes conséquences). Par ailleurs, au sein des quelques 190 états membres de l’Unesco, ces pays ont les besoins qui peuvent permettre de faire émerger et diffuser les nécessaires fondations d’un bien commun dans l’intérêt général. La notion d’inforiches et infopauvres.
L’Unesco est la seule institution transnationale permettant de penser et peser sur, au niveau mondial, les questions de la société de l’information et des régulations culturelles, sociales, éthiques (politiques ?). Noter que Philippe Queau? a longtemps été directeur de la division informatique et information de l’Unesco... Ceci dit non pas car il pourrait être soupçonné de "lobbying" mais car celà lui donne l'expertise de cette institution.
Et il fait quoi maintenant le Philippe Quéau? Olivier Auber
Il est responsable du bureau Unesco de Moscou, en charge de plusieurs pays de l'Est. Ne semble plus avoir de responsabilités déterminantes dans la politique générale de l'Unesco concernant la société de l'information (secteur information et communication). La signature récente entre l'Unesco et Microsoft d'une forme de partenariat confirme le point ci dessus j'en ai bien peur. Mais il faut dire que les Usa si j'ai bien compris ont recommencé à s'intérêt-sser à l'Unesco depuis peu, alors... jmr
Expression de « Global Winners Local Users » pour désigner le fait qu’en l’absence de régulation la mondialisation génère des gains énormes pour les gagnants du global, et aggrave la situation des perdants du local.
Evocation du réseau Echelon (3 milliards d’appels téléphoniques, mail et faxs « traités » en 2002).
Nécessité d’une société civile gobale et d’une fiscalité globale (cf Tobin).
Le capitalisme mondial est à la recherche désespérée de nouvelles formes de rareté.
2 options stratégiques majeures : A- Recréer de nouvelles formes de rareté pour replacer la révolution Ntic dans les structures de contrôle habituelles. B- repenser la chaîne de valeur ajoutée pour adapter sa structure au phénomène Ntic et à ses règles particulières. Cf « industrie musicale » et les 3 types de stratégies en présence… jmr
La confusion des valeurs. Les choses de l’ère du virtuel se vendent de plus en plus pour ce qu’elles velent culturellement, symboliquement. Cette valeur est impossible à saisir effectivement. On ne peut en saisir que l’ombre incarnée, celle que laissent les objets industriels, les images de marques, les réputations établies. Nous achetons du sens.
marché de masse, segmentation grossièrre, segmentation fine, crm et personnalisation (marketing). Le phénomène des marques ! La communication sur les valeurs ! « Ethic is hot, buy ethics » :-) La nécessaire redéfinition des indicateurs pour l’action (mouvance des cibles, multi appartenances, ‘’cynisme’’ et surinformation des consommateurs, veille…). jmr
Quéau souhaite que les Etats membres de l’Unesco mettent en commun, au niveau international, leurs domaines publics respectfs.
Les télécentres communautaires polyvalents, fournissant des services de télécommunications. Cf consortium Unesco/Uit/Fao/Oms/Crdi pour implantations en Afrique et Asie.
Intelligence collective ou intelligence du collectif ?
Nouvelles éducations.
La manipulation devient peu à peu celle des symboles. L’abstraction devient une compétence cognitive plus nécessaire que jamais.
Le commun dans l'éducation… Et au sein de nos sociétés, la fracture numérique/cognitive excluant des millions de personnes de ce standard, qui conditionne de plus en plus accès à l’information plurielle, la culture, le travail, l’éducation. Education… jmr
Les outils cognitifs en jeu dans l’appréhension de ces nouvelles réalités : modèles conceptuels, de simulation, statistiques
add vitesse / adaptabilité / synthèse insight / représentation de représentation / gestion des flux d’information / etc jmr
Nécessité d’une pensée transdisciplinaire.
En d’autres termes, apprendre à créer du lien entre les informations pour générer des connaissances originales ou adaptées à la complexité du monde contemporain. Je crois que c’est Laborit qui disait quelque chose comme « il faut passer des polytechniciens monoconceptuels aux monotechniciens polyconceptuels »… Problème de l’égalité des capacités : donc des fondamentaux / minimum à définir. jmr
La marchandisation du savoir. Les cours en ligne offerts aux Usa qui se développent. Le grand retard de l’Europe.
Les droits d’accès pour les universités à la base juridique Lexis Nexis, par exemple, pose des questions…
De nos jours, dans l’industrie, la valeur d’un diplôme ne dépasse pas 3 ans. La formation continue (le ‘’en ligne’’ est particulièrement adapté) devient un enjeu économique et social majeur…
L’homme est condamné à trouver pour lui un nouveau rôle, essentiellement humain, non dupliquable par les machines.
Le numérique : en comprendre la nature et faire l’effort d’en maîtriser le langage.
Par leur fusion croissante avec le monde réel, les images nous obligent à discerner ce qui dans notre regard et dans notre savoir dépend de ce réel , c’est à dire de l’être, et ce qui dépend de l’image que nous en avons.
Prise entre image et êtres de raison, la pensée substitue au réel une sorte de fausse monnaie qui n’a plus vraiment cours. C’est pourquoi la pensée critique, ou épistémologique, doit commencer non par se connaitre elle même comme le voudrait Descartes, mais doit s’effacer silencieusement pour permettre l’expérience première., le rocher fondamental, à savoir l’expérience de l’être. Car l’être vient avant la pensée. On ne mange pa du mangé, on mange du pain.
Texto : « Former systématiquement tous les enfants à la société de l’information : il ne s’agit pas d’apprendre à jouer à la souris, mais bien à maîtriser en profondeur les mécanismes abstraits qui surdéterminent et modèlent le monde. »
Education à la présence, éducation à la distance.
Nouvelles propriétés, nouvelles valeurs.
L’Internet est avant tout un standard (Tcp/ip, html). Ce qui devient standard acquiert une valeur universelle, et va dans le sens d’un apport au commun mondial.
Proposition : quand un standard est établi de facto, il doit tomber dans le domaine du bien commun mondial ; si c’est un logiciel, son code doit être alors ouvert.
Tim Berners-Lee a reçu il y a peu 1Million de dollars en récompense de son invention du html / www jmr
Mais certains standards ou quasi standards (Windows est l’exemple type) appartiennent à des groupes privés, ce qui revient à parler de monopole, état que par ailleurs le marché dénonce.
Se pose alors la question de savoir si dans le cadre d’une société de l’information, ces standards de facto ou de jure doivent tomber naturellement dans le domaine public.
Ceci pourrait s’appeler le domaine public de l’information…
L’internet lui-même est en train de devenir un standard. A l’échelle planétaire que penser de : les exclus de l’électricité (2milliards de personnes), du minimum vital (3milliards n’ont pas 2 dollars par jour), du web (95% !). xxxxxxxxxxx vérifier chiffres récents xxxxxxxxxxx
Problème politique général : qu’est ce que le bien commun mondial ? Comment l’évaluer selon des critères ?
Celui ci vise l’intérêt collectif.
Les idées de res nullius (n’appartient à personne) ou de res comunis (appartient à tous) peuvent s’y appliquer.
Mais aussi celles de res publica et de res privata.
La res publica mondiale se heurte à l’absence d’instance mondiale indépendante et aux pouvoirs suffisants.
Le bien commun génère deux paradoxes : il est créé par quelques un et bénéficie à tous (les seconds ne supportant pas la juste part des coûts) ; les riches peuvent avoir un avantage relatif plus important à tirer parti de certains biens communs.
Ces deux paradoxes mettent en lumière la nécessité d’une régulation mondiale. (terme transnational)
supra vs inter nationale. jmr
« On (acteurs puissants) cherchera à abolir les limites de l’espace -délocalisation et déterritorialisation-, les contraintes du temps –immédiateté et interaction en temps réel-, l’inertie de la matière –déréalisation, simulation et virtualisation-, l’obstacle de l’altérité et les barrières de la diversité (désintermédiation et homogénéisation). »
homogène… interaction espace… altérité obstacle… jmr
oui, cf. l'émergence d'une "perspective numérique" homologue à la perspective spatiale de la Renaissance :
http://km2.net/article.php3?id_article=96 Olivier Auber
Je l'ai lu avec grand intérêt il y a quelques mois :-) jmr
Les rendements croissants caractérisent le monde immatériel. Ils créent deux effets contradictoires au capitalisme (et aux lois du marché ?) : ils encouragent (facilitent ?) la constitution de grands empires post industriels, et ils peuvent entraîner un risque de rentabilité (la diffusion rapide, large, et bon marché de l’immatériel sape la profitabilité)
en limitant le temps d’exploitation commerciale potentiel dans les circuits de diffusion contrôlés / je n’ai pas saisi la remarque de Philippe Quéau sur les circuits imprimés (moins rentables si on les produit peu), dans la mesure où cela rentre dans le schémas très classique de l’économie du matériel, en d’autres termes de celle de la rareté. Jmr
Deux solutions sont alors possibles : tirer profit du monopole sur segment clé pour verrouiller un champs plus large ; recréer artificiellement de la rareté (copyright, semences, droit européen sui generis sur les bases de données).
directive de la commission européenne / mars 1996 / une entreprise privée qui crée une bdd constituée jmr d’informations publiques bénéficie d’un droit de propriété ntellectuelle / regarder textes / penser crm – épisode bddc 2-3 ans. Penser à la stratégie Microsoft fin 90s. jmr
La redéfinition de la valeur pourrait se faire autour de la notion de service en sus aux informations ou produits de base. Ces derniers, quand publics ou issus d’un travail collectif, public, ou libre, seraient mis à disposition gratuitement. Seules, en quelque sorte, les mises à jour et personnalisations seraient payantes (parallèle avec les sources de revenus pour Stallman). jmr
Public / privé / droit d’auteur
Nouveau Commun existera si nouvelle juridiction commune. Reprendre topics nouveau contrat social. Songer à la valeur commune de ce qu ‘est le "travail" : reconsidérer les sources de valeur ajoutée pour la société ?! jmr
La vie privée / ses données publiques ; les informations personnelles appartiennent elles à celui qu’elles concernent ou au récolteur / aggrégateur.
comment bénéficier d’un service sur mesure sans dévoiler ses goûts ? ? ? crm3g jmr
Quel doit être le paradigme de l’accès universel ? Concerne t’il le seul accès physique, ou au réseau ? Ou également l’accès à certains contenus ?
Les chefs d’oeuvre du passé, les travaux issus de ressources publiques doivent ils par force être déclarés bien commun ?
La révolution française et le principe de liberté de copie établi par Le Chapelier pour encourager liberté de commerce et industrie, éviter les monopoles et les goulots d’étranglement inefficients, et mettre fin aux privilèges hérités de l’époque féodale.
argument favorable ou défavorable à MT à ce que l’on voit par exemple dans le phénomène peer to peer… jmr
Thomas Jefferson (créateur des premières librairies publiques) : « celui qui recoit une idée de moi reçoit de l’instruction, sans diminuer la mienne ; celui qui allume sa bougie avec la mienne, reçoit de la lumière sans me plonger dans le noir. Les idées devraient se répandre de l’un à l’autre parmis nous tous à l’ensemble de notre monde, pour l’intruction morale et mutuelle de l’Homme, et l’amélioration de sa condition ; elles semblent avoir été étrangement et avec bienveillance élaborées par la nature au moment de leur création, comme le feu, avec cette faculté à se répandre dans l’espace sans perdre leur densité en chacun de ses points, ou comme l’air, que nous respirons et dans lequel nous nous déplaçons et existons physiquement, impossibles à confiner ou à s‘approprier exclusivement. Les invations par conséquent ne peuvent par nature être sujettes à propriété. »
définir les différents groupes et leurs besoins respectifs ; trouver les communs . (… ? ? ?). Bien commun et Sens commun : opérationnalilité… ? jmr
La gestion des biens communs ‘’évidents’’ : eau, air, espace, génomes, les faits bruts , …
clairement du public vers le privé depuis quelques décennies jmr
Octobre 1998 : vote par le congrès du Sony Bono Copyright Term extension : fait passer la durée du copyright de 75 à 95 ans après la mort de l’auteur.
le message est clair et éclaire… jmr
Le coût de l’infrastructure juridique et policière permettant le renforcement effectif de la propriété intellectuelle est entièrement supporté par des fonds publics.
USA. L’accès à l’information détenue par le gouvernement fédéral (domaine public) est régie par trois textes majeurs.
Le premier amendement de la constitution qui lie liberté d’expression et liberté d’accéder à l’information.
Le Fredom of Information Act, 1966, qui oblige le gouvernement fédéral à garantir l’accès aux documents officiels.
Le copyright Act, 1976, qui exclut tout copyright pour les documents d’origine gouvernementale.
Divers
Deux conceptions du progrès. Leroi-Gourhan : niveau d’abstraction (du cri à la parole à l’écrit, de la main à l’outil).
Teilhard de Chardin : capacité à prendre en compte l’autre.
rapprocher de intégration des outils des réseaux Vs intégration du paradigme contributif-coopératif. jmr
L’existence de l’autre est notre bien commun dit Riccardo Petrella.
Les 3 visages de la crise : confusion, court-circuit, coupure.
Confusion des niveaux de réalité et vérité.
Cour-circuit par mise en contact direct de points distants. Glocalisation, désintermédiation, dérégulation.
Coupure par fracture numérique et maîtrise ou non des nouveaux codes et intelligibilités.
Les 3 réponses ce triple défi : une Université catalytique, connectée, coopérative.
Catatalytique en mettant en relation les champs disciplinaires, en formant aux nouvelles écritures et nouvelles méthodologies intellectuelles qui les sous tendent. Penser et expérimenter par soi-même d’une part, et avec les autres d’autre part. Esprit critque, curiosité, pensée en terme de systèmes. Privilège donnéà la pensée expérimentale, oux expériences de pensée, aux expériences de nouvelles réalités.
Connectée par l’Internet aux informations et connaissances, aux bases de données.
Coopérative en créant un univers d’apprentissage global, ouvert, en tous lieux, à tous moments, et dans tous les domaines. Société de pleine activité (vs société du travail).
Virtuel : latin virtus, vertu, courage, âme, mot qui vient lui même de vir, l’homme.
Cyber : vient du mot gouvernail.
The Economy of ideas or Everything you know about intellectual property is wrong – John Perry Barlow
La propriété peut être indéfiniment reproduite et instantanément distribuée… Immatérialté des biens.
La propriété intellectuelle ne peut pas être patchée. Il faut développer complètement de nouvelles règles.
Propriété collective de l’humanité.
La franchise.
Idée de la surface (littéralement) sur laquelle apposer le copyright.
Le fait d’être rémunéré ne l’était pas sur l’idée, mais sur la capacité à la transformer en réalité tangible.
Deux points fréquemment évoqués : la réalité concrète des supports magnétiques ou numériques ; rapprochement avec la radio.
L’esprit humain remplace le soleil et les minéraux comme principale source de production de la richesse.
Quand Jefferson pensa le système qui devint la loi de copyright américaine, leur premier objectif était de d’assurer la larger distribution des pensées, pas du profit. Le profit était le carburant qui transporterait les idées dans les librairies et les esprits de leur nouvelle république. Les librairies achèteraient les livres, récompensant les auteurs pour avoir rassemblé les idées. Ces idées, impossibles à confiner, seraient donc librement accesssibles par le public. Mais quel est le rôle des librairies en l’absence de livres ? Comment la société rétribue t’elle les idées si ce n’est en payant pour les idées elles mêmes ?
Les technologies digitales effacent les juridictions légales du monde physique.
Les notion de propriété, valeur, possession, la nature de la richesse, changent plus fondamentalement que jamais depuis que les Sumériens –les premier "poked cuneiform into wet clay and called it strored grain".
Très peu de gens en semblent conscients, et forcément parmi eux très peu de juristes…
Documents, commentaires et discussions à propos des nouveaux communs
- Une synthèse sous forme d’idées-clés tirées de plusieurs articles de Philippe Quéau.
Cette contribution vise à alimenter la plennière « Nouveaux Communs » avec son travail, peut être un des plus éclairés qui soit façe aux enjeux du moment qui nous intéressent.
Ici.
- Une contribution sur des oeuvres numériques à caractère artistique qui existent par nature sur le réseau.
Là. - Idées clés venant de Stallman, Barlow, Nifle, ainsi qu'un article sur Google venant de l'Atelier.
Ailleurs. - Une série de petites contributions, entre la discussion et le document. Ci dessous.
- Quelques remarques déposées sur cette page depuis quelques semaines. En bas de page.
- Quelques références, évènements... Tout bas de page.
Une série de petites contributions.
... entre la discussion et le document, tirées d’un filet lancé sur le Wiki Crao fin décembre.
Bonjour à tous :-) Une question qui rebondit sur Autrans :
Si vous deviez définir ce que vous comprenez par ces deux mots Bien Commun (y penser dans le sens des nouvelles problématiques liées aux Tic), comment le feriez vous ? Jeanmarc Raina
Patrimoine public vs Bien public ?
Cette notion de « patrimoine public » est cruciale et se différencie radicalement de la notion « bien public » qui, en général, est la propriété d’une collectivité, bien souvent un Etat, laquelle dispose du pouvoir, le cas échéant, de la vendre. L’actualité ne manque pas d’exemples du passage d’entreprises publiques au secteur privé. La libéralisation de l’économie mondiale, les accords de l’OMC, les négociations de l’AGCS organisent d’ailleurs ce transfert de propriété. Or, la caractéristique d’un « patrimoine public » est d’être en premier lieu un bien public « pur » au sens classique du terme, c’est-à-dire un bien :
- Non exclusif
- Non rival
source:
http://sun18.host-univers.com/~bd1/article.php3?id_article=18
Le Bien Commun à l’épreuve du développement numérique – Hubert Guillaud
Points abordés : Partage, propriété et valeur des contenus sur les réseaux /// Biens collectifs et publics logiciels /// Dynamiques territoriales /// Le Bien Commun comme fondement de dynamiques économiques de long terme /// Formes collectives /// Partage, propriété et valeur /// Y a t-il un domaine public de l'internet ? /// Réseaux et espace public /// Normes et standards ouverts de l'internet /// Appropriation individuelle, appropriation collective et exclusion /// Réseaux, gouvernance et bien commun /// Bien commun et contrat social /// Y a t-il un modèle économique de l'abondance ? /// Biens collectifs et publics logiciels Essai de rubrique /// Moteurs et dynamiques : de l'innovation au bien commun /// Quelques termes clefs -- jm
Le bien public est la propriété de l'Etat. Le bien commun, lui, est la propriété de tous (NORMALEMENT les institutions) ou n'est la propriété de personne (la planète). L'Etat (par la voie de son gouvernement) s'est attribué le bien commun et l'a volé au peuple qui l'a construit pour le revendre à des personnes privées, dont le peuple même qui se voit devoir racheter son propre bien (une bien belle arnaque, des gens vont en prison pour moins que ça). C'est une dérive de la dictature de la classe politique et économique. Nous devons désormais détruire le fonctionnement actuel (et passé) des gouvernements et de la classe politique si nous voulons revenir au bien commun. – Pseudonyme Karibou, non présenté en page Les Nouveaux Communs car en attente de Prenom-Nom)
Le bien commun peut aussi s'entendre comme un élément pouvant être partagé par tous sans qu'aucune partie ne soit lésée; un élément qui permet de surcroît un enrichissement de celui qui lui prête un petit peu d'intérêt, dans l'intérêt général biensûr ...
Juste histoire de faire le lien entre bien commmun et TIC : Est-ce que le protocole "http" est un bien commun ? – Sylvie Bourguet
Voir :
http://www.faqs.org/rfcs/rfc2616.html . En suivant ce lien on peut lire : Hypertext Transfer Protocol -- HTTP/1.1 Copyright (C) The Internet Society (1999). All Rights Reserved.
L'Internet Society (Isoc -
http://www.isoc.org) est une association de droit américain à vocation internationale créée en janvier 1992 par les pionniers de l'Internet pour promouvoir et coordonner le développement des réseaux informatiques dans le monde. Elle est aujourd'hui l'autorité morale et technique la plus influente dans l'univers du World-Wide Web.
Isoc France --yann
http, smtp,... bref les STANDARDS. Les propositions de Quéau dans le domaine me semblent raisonnables. Toutefois, il n'aborde pas un point que j'aurai aimé voir traité par cet esprit brillant. A savoir les conséquences que celà aurait sur les stratégies des acteurs (entreprises, développeurs communautés open, etc), leurs éventuels effets pervers, et les possibles modalités de régulations... jm
Peut-on envisager un Bien Commun comme étant ce qui ne peut être attribué à une partie d'une communauté sans léser la communauté tout entière ? Emmanuel Legrand
Merci emmanuel pour ta remarque ; celà mène très loin, et au passage oblige à penser sérieusement la notion de propriété. Je ne suis pas certain que la société humaine soit prête pour ce genre de fonctionnement... Celà pose, comme souvent, le problème de définir quelquechose de manière absolue / idéale, ou alors disons "pervertie" / "refroidie" de façon à la rendre possible dans un environnement donné, tout en tendant vers le mieux (heu..., ai-je été clair??? ,-) ) –jm
Une suite de questions en guise de réponse (par Sylvie Bourguet) :
Un bien commun peut-il être sous copyright ?
je crois que oui. Pourvu que des systèmes de redistribution de la richesse créée soient mis en place afin que le copyright serve l'intérêt général (cf Jefferson). Nota : ce n’est cependant qu’une des alternatives… jm
Ce Jefferson ? :
" Thomas Jefferson, rédacteur de la constitution des Etats-Unis, promoteur du concept de bibliothèque publique et de la doctrine du fair use permettant les citations de textes protégés à des fins éducatives ou de recherche, écrivait aussi: «les inventions ne peuvent pas, par nature, être sujettes à la propriété.»
Intérêt général et propriété intellectuelle – sb
Oui :-) Je replace ici ce qu’on trouve déjà plus haut dans la page (cf Quéau abstracts), juste pour préciser le beau raisonnement qui emmène Jefferson à sa conclusion « Celui qui recoit une idée de moi reçoit de l’instruction, sans diminuer la mienne ; celui qui allume sa bougie à la mienne, reçoit de la lumière sans me plonger dans le noir. Les idées devraient se répandre de l’un à l’autre entre nous tous, à l’ensemble de notre monde, pour l’intruction morale et mutuelle de l’Homme, et l’amélioration de sa condition ; elles semblent avoir été étrangement et avec bienveillance élaborées par la nature au moment de leur création, comme le feu, avec cette faculté à se répandre dans l’espace sans perdre leur densité en chacun de ses points, ou comme l’air que nous respirons et dans lequel nous nous déplaçons et existons physiquement, impossibles à confiner ou à s‘approprier exclusivement. Les inventions par conséquent ne peuvent par nature être sujettes à propriété. » jm
A quoi, à qui sert un bien commun ?
Heu.... :-) A créer du lien ? A donner un sens ? A équilibrer un monde ? A dynamiser la productivité et créativité des sociétés humaines par accès aux informations et outils nécessaires ? jm
Si un bien commun est une sorte de source d'inspiration pour développer des comportements, des types de productions, des formes d'organisation ; les règles qui régissent les sociétés, les productions culturelles ou artistiques, ou les découvertes scientifiques, en quoi sont elles ou ne sont elles pas des biens communs, existe-il des limites qui définissent l'exemplarité "du bien commun" par rapport à d'autres "biens" ? Emmanuel Legrand par exemple définit "le bien commun" comme le partage équitable absolu mais les limites du coup sont renvoyées à celles d'une communauté, qui est concerné ? Un absolu oui mais relatif à un groupe donné. Pour Kari Bou on est plus dans la lutte des castes et le partage devient un jeu de dupe, le bien commun est détourné de son origine au nom du pouvoir de quelques uns. Yann dans sa citation mentionne deux qualités "Non exclusif" et "Non rival" mais là il est question de "bien public" et de "patrimoine public". Il semblerait que l'on parle de la même chose mais cette chose est vaste car elle recouvre tous les champs de la connaissance et cela est difficile à appréhender (enfin pour moi en tout cas) –sb
Difficile pour nous tous, en tout cas pour tous ceux qui veulent bien avoir la modestie de l’admettre :-) Quelques rapides tentatives de rebonds sur tes remarques… Concernant ce que tu dis de l’intervention d’Emmanuel, alors que nous avons comme jamais la possibilité de multi-appartenances communautaires grâce aux réseaux, je pense comme toi qu’absolu VS relatif est une approche intéressante (on peut aussi parler de universel / particulier peut être)..
Le relatif concernerait des communs finalement déjà bien connus (la “communauté” qui a en commun l’amour des promenades en bord de mer existe certainement depuis toujours :-) ; simplement, aujourd’hui, au delà du village ou de la ville par exemple, elle s’étend en dehors de son espace géographique immédiat, communiquante, rencontrante). Je ne dis pas que cela soit sans grande conséquence, loin de là!
L’absolu, lui, corrspondrait je crois à un commun général, ou universel ; sur le seul cas des logiciels par exemple, le code comme bien absolu-ment ouvert à tous ou relatif à la propriété de certains est une question sociale majeure, je dirai même avant d’être une question économique. Et je suis enclin à penser que dans ce domaine comme dans d’autres, aux temps de cette mutation sociale que beaucoup perçoivent en cours, l’absolu (son PRINCIPE, ses REGLES) doit être protégé, car l’intérêt général est en jeu (celui des entreprises et des créateurs également bien entendu!). Simplement “quelques” nouvelles règles à trouver…
Je ne me lasse pas de suivre à ce sujet le phénomène du peer to peer, bien plus intéressant que celui des logiciels je trouve (car au croisement parfait des aspirations du grand public, des contraintes des entreprises, des envies des investisseurs financiers et de la compréhension/législation politique).
Yann, dont je trouve les interventions comme toujours intéressantes (il est en vacances, on ne voit plus par ici? Dommage), met le doigt sur quelquechose d’assez important je crois, en plus de la notion de patrimoine, à savoir la juxtaposition entre Bien Commun et Bien Public (question absolument absolue : le code des softs qui un jour gèreront les votes électroniques doivent ils être publics, communs, ou propriéte cachée et inaltérable d’Etat – ou d’Union ?). -- jm
Comment y a t-on accès ?
Accès : aux données ? ou à la capacité cognitive de les traiter ? :-) jm
L'accessibilité dans le sens d'une construction architecturale et d'une signalétique qui permettent à chacun de se repérer dans le flux des données.
Pour ce qui est de la capacité de chacun à traiter les données là s'arrête peut-être le "bien commun", chacun à son vécu, ses expériences personnelles, et des caractéristiques propres ...autant de données organisées selon un processus individuel et confrontées aux interactions avec celles qui organisent l'espace commun. D'où l'importance des feedback pour développer une accessibilité structurée par les besoins et les objectifs des utilisateurs --sbwoui :-) celà dit, le système éducatif est à mon avis de créer des communs en termes de connaissances et de compétences. Alors, il s'agit de définir ces nouveaux communs et ces nouvelles méthodes (nouveaux car je crois que ce qui s'amène nécessite une redéfinition "largement partielle" du rôle de l'enseignement et l'éducation). Ainsi par exemple de la signalétique que tu évoques, et de donc de la navigation… jm
Comment produit-on ce type de "bien" ?
Complexe... Peut être en oeuvrant pour le coopératif et en parallèle pour un nouveau système de "protection" du travail de chacun (au sens très laaaaarge), ceci au niveau international... (car mondialisation = pas de règle possible sur les communs en dehors de prises de position internationales). Ton avis ? :-) jm
Oui je trouve ça complexe aussi... le bien commun me semble provenir de la nécessité de penser à l'autre non pas dans un "pur" élan de générosité pour son prochain (holàtoutdoux) mais parce qu'il le faut pour concrétiser un projet (à l'échelle planétaire, ben woui quand même... qui peut le plus peut le moins héhé!), mais la beauté de la chose c'est que mon prochain, mes semblables y trouvent leur intérêt. Le bien commun est le produit d'un intérêt partagé capable d'orienter le dévellopement de nos sociétés ainsi que notre environnement à travers la nature des échanges et des organisations qui en découlent. --SB
Thomas Jefferson et Steve Jobs aimeraient tes propos (te souviens tu que dans son OS Next, Jobs incluait l’Universalis et l’intégrale de Shakespeare … ?) Chiche, on leur envoie un mail ? :-) Amitiés – jm
Il y a un site intéressant qui s'appelle Bien Public à L'Echelle Mondiale :
http://www.bpem.org/ -- Antoine Beugnard?
Art Libre -
..."Pour Antoine, l'utilisation d'une licence permettant la large diffusion et la transformation des oeuvres est un retour à l'origine de la création artistique. Elle serait synonyme de désacralisation des auteurs et de replacement des oeuvres dans le bien commun. Elle serait donc en phase avec l'évolution du statut de l'artiste, devenu aujourd'hui le passeur d'un corpus plus qu'un créateur génial. Pour lui, la dimension artistique est en toute chose et, citant Robert Filiou, « L'art est ce qui rend la vie plus intéressante que l'art » : insaisissable, futil et essentiel."...
Antoine Moreau - 29 février 2004. Sylvie Bourguet
Discussions sur cette page
Je me ferai un devoir d'être présent! La question des communs est essentielle. Surtout sur cette thématique des territoires. Il serait dommage qu'il ne soit question que de l'internet et des communs (c'est important je sais...) car il faut donner toute sa place aux territoires numériques. Le projet de Michel Bondaz?, Un Point? C'est Tout est un projet majeur. "Une seule carte, et tout le monde peut écrire dessus"... c'est l'internet mais avec le lieu en plus. Ce qui me préoccupe le plus à la veille du SMSI de Tunis, c'est la place qu'aura ou pas l'espace public dans les discussions. Chacun revendiique son espace ou sa représentation de l'espace. Mais attention à l'espace public ! Car les territoires de l'internet n'existent pas encore : il faudrait que la représentation de l'espace soit un espace de l'internet. Ce n'est pas encore le cas...
François Elie?
ADULLACT
Bonsoir. La thématique d'Autrans n'est pas "Les Communs" mais "Les Nouveaux Communs" (il faut dire qu'entre les biens communs, les communs, les nouveaux communs, les territoires, les communautés nouvelles, les nouveautés de ce siècle, le neuf, etc etc, il y a de quoi donner le tournis parfois :-) D'ailleurs bien difficile à cadrer sera cette plénière pour les organisateurs, je suppose.
Celà dit, il faut bien admettre que dans les nouveaux communs, le rôle du net est primordial, ceci à mon avis pour au moins deux raisons :
..les espaces géo-localisés (voir mes quelque lignes notamment
http://autrans.crao.net/index.php/Territoires%2C%20territoires%20de%20l%27Internet) peuvent se rapprocher / "fusionner" comme jamais
..et le réseau crée déjà des territoires de l'internet depuis de nombreuses années (sur ce point je ne suis pas d'accord avec vous :-) ; après tout, ce wiki en est un, de ces espaces qu'on dit virtuels ; comme celui qu'arpentaient les deux gamins que j'ai vus tout à l'heure et qui jouaient à quake - "troublant" finalement de les voir côte à côte à paris jouer dans un espace 3D créé par leurs machines et d'autres "ailleurs", dont le serveur physique central se trouve certainement aux states, leurs bits d'action dieu et Cisco seuls sachant où, et leurs adversaires quelquepart dans le monde... ; etc).
Quant à l'espace public dont vous parlez, effectivement, son rôle et sa re-définition seront je crois une des clés majeures de la nature de la société qui s'annonce. Et je le souhaite clairement défini, puissant mais non omnipotent, régulateur. Mais là, et concernant le SMSI, je ne sais que dire, si ce n'est "bon travail à tous"... Jeanmarc Raina
Voici au moins une plénière qui donne lieu à des échanges en ligne. Bravo. Est ce que chaque contributeur aurait la gentillesse de s'identifier.
OK j'ai compris je supprime cette remarque et félicite chacun pour la qualité des débats -Bruno Oudetje ne comprends pas cette remarque, si on regarde dans l'historique de la page, toutes les interventions sont bien signées ? --yann
Bonjour M. Oudet, je ne suis pas sûr d'avoir saisi le sens de la question :-). Si vous pensez aux encarts au sein des textes, ce sont des pistes de "réactions" de ma part sur les textes de Quéau que j'ai travaillés. Je n'ai pas mis mes initiales à côté, dans la mesure où à la mise en ligne, pas de réactions autres forcément. Si des contributions / réactions apparaissaient sur le wiki ou ailleurs, alors... Bonne fêtes à vous et tous. Jeanmarc Raina
De Olivier Auber - Réaction sur la définition générale de la plénière
Hum, "une nouvelle chance pour l'humanité de pouvoir diffuser ces oeuvres à un coût proche de zéro" !!!???? Non seulement la notion de diffusion est très réductrice, mais alors quand survient derrière l'histoire du "coût zéro", je me pose des questions sur la perceptive économique dans laquelle ce texte a été écrit (c'était juste du "vite dit" peut-être?). S'il y a un espoir pour l'humanité en matière de réseaux, c'est bien celui de créer des représentations pertinentes en rapport avec le monde qu'elle s'invente (et non simplement de recycler les anciennes). Je n'hésite pas dire que ces représentations nouvelles, de nature rhizomatique, à l'image du monde qu'elle veulent appréhender, sont vitales pour la pérennité de la pensée, de l'action et de la paix. Mais cela coûte et coûtera toujours énormément de temps, d'énergie et d'intelligence. Le coût (à mettre en rapport avec la notion de "perte" chez Georges Bataille) est au contraire à son maximum, et c'est très bien ainsi. Wikipédia par exemple, comptera peut-être un jour parmi les plus grandes et plus coûteuses réalisations collectives de l'Humanité. Ce jour là on aura oublié le dictionnaire de l'Académie Française et toutes les vieilles encyclopédies qu'il est pourtant facile de diffuser dès demain matin "à coût zéro"...
Dernière modification le samedi 9 février 2008 6:53:10



