Travail Collaboratif

Bloc Résumé

Un certain nombre de points ont été abordés pour cerner le sujet :


Une synergie :

extrait de Travail Coopératif : Dillenbourg : "En coopération, les partenaires divisent le travail, partagent les sous-tâches individuellement et puis assemblent les résultats partiaux dans une sortie finale. En collaboration, les partenaires travaillent ensemble".

Chacun ayant les capacités de participer ... Chacun est en mesure d'orienter le développement du projet, les actions de chacun sont autant de formes de présence possibles faisant évoluer à leur manière le projet vers son objectif ... construction d'une infoculture propre au groupe-- sylvie

La collaboration est une coproduction, un ensemble de tâches qui, si elles sont distinctes, au sens de l'échange d'informations sont interdépendantes et s'enrichissent les unes les autres. -- jmb

Des objectifs :

Le partage d'objectifs tacites (projets clairement définis) ou implicites (de l'ordre de la recherche de plaisir, de reconnaissance,.. ) semble nécessaire.

  • La collaboration comme moyen d’une action prédéterminée

Le mode projet, où l'objectif est nécessairement posé à priori et dont on peut déduire découpage de tâches, etc...On peut alors parler de collaboration localisée: le projet comme système a une cloture opérationnelle -- yann

Un objectif clairement défini et mesurable donc. -- jmr

Un projet en général borné dans le temps, le respect des délais faisant du moins partie des objectifs initiaux. -- sebastien

Voir aussi : Wiki Professionnel

  • Créer des conditions favorables à l'émergence de nouveaux projets, d'innovation

La collaboration comme préalable à l’action : on peut imaginer des collaborations sans objectif a priori, c'est la collaboration qui fait alors émerger des objectifs, et donc éventuellement des projets, mais aussi des réalisations non prévues, non projetées. -- yann

Une collaboration sans l'impératif des livrables, sans dates d'échéances, sur une échelle d'un temps plus long. -- Sébastien

Voir aussi : Communautés De Pratiques

  • * Comme exercice pédagogique : savoir-faire et savoir-être*

Un objectif de production en "mode projet" pourrait servir d'objectif second. Environnement scolaire et étudiant, insertion, etc. (à creuser) -- sebastien

Voir aussi : les Wiki School

Des outils :

  • Méthodologiques

    • un découpage en tâches.
    • la définition de livrables (production d'un document, conception d'une démarche, etc.)
    • un planning (engagement des acteurs sur un même projet, contribution de chacun identifiée)
    • une communication sous forme de questionnement ("généralement quelqu'un à qui on ne demande rien ne fait rien" -- jmb)
    • du feedback : diffusion d'informations sur l'avancement du projet.


  • des grilles de lectures ? : à moins de prendre en compte la variété des environnements (taille/répartition spatiale des équipes, culture/métiers des collaborateurs, outils utilisés, contraintes extérieures, etc.) et de valider les bonnes pratiques/méthodes et/ou les adapter en conséquence, ces dernières risquent à mon avis de rester trop génériques. Si l'on souhaite personnaliser et contextualiser ces conseils, cela relève du métier éponyme (avec prises de contact, échanges ; connaître pour conseiller). Une approche complémentaire, qui permettrait d'ouvrir des pistes à mi-chemin entre la bonne pratique générique et le conseil personnalisé, pourrait-elle être de fournir des "grilles de lecture" au groupe, qui l'aide à construire collectivement ses bonnes pratiques, en fonction des contraintes qui lui sont propres ? -- Sebastien Sauteur
  • Logiciels

Cf. Logiciel Relationnel et Low Tech

Manifeste Pour Des Outils Collaboratifs

Un terrain favorable :

  • Partager une même culture

Un minimum de culture commune s'impose peut être... Ainsi, il sera difficile de faire naître une pratique coopérative productive entre Marx et Bush, ou Stallman et Gates, même s'ils ont pour objectif "commun" d'organiser la société pour les premiers et de faire des logiciels pour les seconds. Par ailleurs, quand dans le groupe existent des positions de type intégristes (au sens de position répondant à des absolus et ne pouvant s'ancrer dans la réalité objective et raisonnable de l'espace coopératif et de ses objectifs), il ne peut y avoir amorçage d'une dynamique coopérative car tout intégrisme ne supporte rien d'autre que lui-même et tend à détruire ce qui lui est différent – jmr

  • Partager un langage commun

Langage Lien et Langage De Formes sont intéressantes pour répondre à ta question ? -- xtof

Je pensais à deux niveaux de langage : les langages de la collaboration comme ceux que tu cites (si d'ailleurs leur complexité augmente avec le potentiel de collaboration, n'est-ce pas au risque d'une moindre simplicité d'usage, d'une perte de CommunityWiki:ConversationClaire ?) Mais aussi le langage spécifique à l'objet de la collaboration (par exemple si on doit élaborer une pub pour de la marmelade "facile à tartiner" on aura intérêt à adopter un vocabulaire commun (qu'est-ce que "tartine", café "chaud", et "tremper" la tartine signifient) avant de s'emmeler sur le sens des mots – sebastien

Des rôles

  • Un animateur

Le chef de projet est l'animateur de l'équipe: rôle prépondérant de la communication. L'outil / l'espace mise en oeuvre par un animateur permet ensuite simplement de créer les conditions pour qu'il se passe quelque chose. La magie et la richesse créée viendra ensuite de la qualité des interactions entre les acteurs -- jmb

Pratique de la synthèse indispensable (Jardinier Wiki), ne pas donner un document pour avis, sans synthèse, ni questionnement (point à examiner, etc.)" -- jmb

Voir aussi concernant les wikis : MeatBall:RoiDieu, MeatBall:DictateurBénévole ou MeatBall:PremierServiteur.

Une dialectique

  • Gérer intérêts personnels vs intérêts du collectif

Le partage d'un minimum de valeurs communes pour appartenir à un groupe et collaborer. Une certaine transparence des objectifs personnels pour pouvoir jouer un jeu à somme positive ("gagnant/gagnant").

Voir aussi : la pratique du consensus : cf. Pensée de Groupe, Prise de décision par consensus. -- jmb

  • Une dialectique temporelle

Les rythmes de la collaboration, et les moments correspondants à autant de réponses aux tensions inhérentes : individuel vs communautaire, abondance vs "chaos", délais vs maturation, etc. -- sebastien

D'autres aspects :

  • Espace/temps

Il me semble que plus nous sommes impliqués et participons dans un projet plus nous multiplions les échanges à distance et plus nous mettons en place les conditions pour des rencontres physiques. -- sylvie

Une étape préalable de "mise sous tension des acteurs" : engagement de chacun dans un projet commun et un planning commun, chacun a une part de responsabilité dans le respect du planning, du projet -- jmb

  • Auto-production de règles

Des règles "produites par les interactions entre les membres du projet" -- sylvie

  • Le travail en question (retour à la case départ/définition ?)

La collaboration comme fiction managériale de la disparition de la concurrence au sein des équipes (selon certains sociologues) ? Collaboratif ou coopératif : les racines latines renvoient tantôt au "labeur" (travail de longue haleine et sueur au front) ; au travail comme ouvrage (façonné par les soins qu'y apporte l'ouvrier) ; ou au moins réjouissant tripalium (outil de torture). Quand on réinscrit alors par devant le terme "travail" en toutes lettres, est-ce pour rappeler que c'est bien de travail, dont il s'agit ? Pour conjurer les prophéties de Jeremy Rifkin (The end of Work) ou de Viviane Forrester (sur ce même sujet) ? Quelle réelle valeur ajoutée d'un travail devenu "collaboratif" pour l'individu, le groupe ; plus généralement pour la société ? -- sebastien


Discussion

Mon sentiment c'est que l'on passe d'une forme de travail au travail de la forme, c'est à dire qu'il s'agit de collaborer à un processus de production de formes potentielles qui lorsqu'elles sont actionnées sont à observer et envisager comme des moyens permettant de nouveaux échanges et mode de partage.

Par exemple : L'énoncé d'un problème décrit une forme qui permet par la suite l'apparition d'une autre forme capable de résoudre le problème, à son tour cette forme est elle même transformée en une nouvelle forme de mémoire qui synthétise les deux formes précédentes... Dans ce processus différentes compétences sont nécessaires et la qualité de la communication entre ces différentes compétences crée la véritable valeur de la collaboration à l'oeuvre dans le groupe ... et c'est peut-être dans cette "prise de position" dans un processus collectif que l'individu peut se confronter à son individualité car on n'est plus dans un rapport à la frontalité avec l'image de l'individu mais à l'endroit même ou l'image se forme, ce n'est pas le résultat qui compte mais qu'il puisse apparaitre et comment il peut apparaitre, hein pourquoi ? :) -- Sylvie

Tout à fait d'accord. Mais j'envisageais ici la raison d'être du problème posé, quand -malheureusement- différentes formes de misères expliquent la misère des formes. Et quand alors on se contente juste d'y mettre les formes, de "revamper" l'échiquier pour mieux vampiriser à qui mieux mieux, rien de nouveau sous le soleil. Je crois qu'il est tout autant question de se confronter à son individualité qu'aux autres, mais également de confronter soi et les autres à quelque chose qui peut nous dépasser. Le travail collaboratif devient alors, à mon sens, une forme de travail qui peut permettre un travail de fond, à condition bien sûr de faire émerger en surface les problémes en question et pour peu qu'on considère qu'ils existent. -- Sebastien Sauteur

Oui bien sûr, toutefois le travail de la forme sous-entend qu'il y a travail mais celui-ci n'apparait souvent qu'à celui qui veut bien voir c'est donc souvent une forme de perception reste donc la question d'une forme tangible comment donner forme à cette perception, une forme partageable, identifiable.

On peut tenter de lister les problèmes ?

  • Par exemple beaucoup de monde parle du travail collaboratif mais dans le fond c'est trés peu pratiqué, c'est du moins ce qu' il me semble ... c'est mon humble perception :) ... collaborer dans le sens du bien commun n'est pas une attitude naturelle pour nous humains , notre tendance naturelle c'est plutôt "c'est à moi" et "moi d'abord" et biensûr "moi tout seul" ... la collaboration et la coopération sont liées à des types de comportement qui nécessitent de les découvrir, de les apprendre et de les entretenir... Et il n' y a que la pratique et donc l'expérience qui fait sens dans cette apprentissage.

... me suis-je égarée ? --Sylvie

  • Le problème de la transparence ? Désir de transparence et transparence des désirs... entre les affaires de l'amour -plan de la sexualité- et celles du travail -celui du business- la frontière semble souvent mince. Un identique et subtile mélange de non-dits, par pudeur pour le sensible probablement, et de choses qui devront s'exprimer malgré tout d'une manière ou d'une autre, tôt ou tard, si l'on souhaite que ces affaires se réalisent, se concrétisent. Ne laissent pas en suspend frustrations, colère, jalousie,.. Ceci étant l'amour peut très bien ne pas se traduire en acte, ni le travail en business ; trop vouloir clarifier devient sûrement pesant alors.

Faut-il s'aimer pour travailler esemble ? Rien n'est moins sûr, mais il me semble néanmoins que l'opacité du désir mène rarement très loin. Au pire à des problèmes. Notre société semble d'ailleurs prendre les désirs en ligne de compte, à sa façon : des femmes qui ne sont ni putes/ni soumises, quelle charmante dialectique ; des bambins qui cultivent les graines de leurs futurs savoirs-faire : je gagne du pognon, tu veux gagner des millions, ils calculent les taux de profits.. Qui sert quoi, qui ? A l'heure où les réseaux offrent de nouveaux espaces où cette transparence pourrait mieux s'exprimer, tout comme les désirs, on sens bien qu'y travailler de concert n'est pas une mince affaire pour autant... -- Sebastien Sauteur

  • Suite à une autre discussion je complète le point précédent par le problème du langage, ou plutôt celui de la "parole". A mieux y réfléchir en effet, ce n'est pas tant une transparence (au demeurant pas toujours si souhaitable) que je pense primordiale, mais plutôt le respect de la parole, de la parole donnée. Gratuitement trop souvent, je pense. Dit autrement : faire ce que l'on dit qu'on fait, pas forcément dire ce qu'on fait à tout prix. Mais à minima, conformer ses actes à ses propos, à ses engagements. Les outils en ligne comme le wiki se pose alors en instrument très puissant qui permettent de dire les choses, et gardent traces. Mais à nouveau comment ne pas se perdre dans la forme (retour à l'échange ci-dessus). Exemple des wikis avec ses Langage Lien et autres Langage De Formes, je pense que le maniement du langage, des mots, donc des concepts est passionnant ; un puissant levier potentiel. Mais j'entend aussi qu'ils puissent paraître tel une véritable NovLangue, à plus forte raison quand l'Histoire ne tient qu'à un fil (d'informations) dans l'Instant Wiki ;-) --Sébastien Sauteur

Petit mot juste en passant, en coup de vent : je ne t'ai encore jamais vue t'égarer sylvie :-) Par expériences, je dirai que l'apparence du coopératif est assez répandue, mais elle ne masque souvent que des motivations très très personnelles. Pas de problème... :-) Sauf bien sûr si ça va dans le sens contraire de l'intérêt du groupe, bien que celui de mauvaise foi s'évertura à prétendre le contraire et agira pour alimenter cette apparence vertueuse du coopérant... Ahlala, misère humaine :-) jeanmarc

Sylvie je ne suis pas vraiment d'accord avec vous quand vous dite que collaborer dans le sens du bien commun n'est pas une attitude naturelle pour nous humains , notre tendance naturelle c'est plutôt "c'est à moi" et "moi d'abord" et biensûr "moi tout seul". Je crois que l'être humain est ambivalent et que sa nature sociale l'incline tout autant à l'entraide, la coopération et un certain altruisme qu'à la compétition, la rivalité et l'égoisme. Le second penchant étant par contre, à mon humble avis -s'il est souhaitable de le dire ainsi- très largement favorisé et entretenu dès le plus jeune âge. Par contre je suis tout à fait d'accord avec vous sur la nécessité d'apprendre pour arriver à collaborer -ou à coopérer- puisque cela ne coule pas de plus de source qu'autre chose. Et à l'évidence des difficultés spécifiques viennent s'ajouter à cela quand on échange en ligne, en particulier celle d'arriver à se comprendre avec "netteté". Je trouve que vous poétiser très bien le propos et que c'est très bien ainsi (je n'ai pas ce talent, ni aucun autre d'ailleurs et je le regrette). Je pense en effet que c'est un levier d'action puissant et un pont vers plus d'humanité.

Maintenant quand j'ai cité Rifkin au début de ce "fil" d'échanges, c'était pour évoquer ce qu'il a écrit sur le travail et c'est tout de suite moins poétique. Il s'agit non plus simplement d'un travail avec lequel il peut être même souhaitable de jouer pour faire changer les choses, mais d'une convocation à survivre ; le spectre d'une vaste armée de reserve, des problèmes de mal-être, de mal-vivre, des gens qui prennent du valium (une autre armée) ; et ceci auto-entrenu là encore de façon systémique. Le stress au travail n'est pas "tendance", il est avéré. Il tue. On ne se situe plus alors dans la perception des choses, on est en plein dedans : il faut manger. Et "le collaboratif", aussi "hype" soit-il à Autrans ou ailleurs, est plus qu'une lubie, c'est un mode d'organisation des producteurs, qu'il produisent du vent ou des boites de conserves. Mais je bloque peut-être un peu, Marx est mort c'est vrai.. J'aimerai me tromper, m'être égaré. Si je me trompe j'aime qu'on me convainque par contre :-) -- Sebastien

Je suis d'accord il y a notre côté social qui nous invite heureusement à la collaboration mais c'est une question de survie avant tout et c'est cette question de survie d'ailleurs qui est en jeu.. mais la survie de qui de quoi ? Le terme perception n'appartient pas plus à la poésie qu'à la politique ou à toute autre forme d'expression, notre perception nous permet de construire notre relation à notre environnement et donc aux autres (qu'on le veuille ou non d'ailleurs) à travers des systèmes d' intéractions plus ou moins arbitraires.. La perception fait appel aux sens on est donc en plein dedans, on baigne dans le sens c'est ce qui nous fait vivre et mourir autant que manger et dormir ! Au nom du sens on massacre ou on protège , on construit ou on détruit alors oui peut-être en fait il y a plus à attendre de la poésie que des vendeurs de vent en conserve et franchement tant qu'à avoir le ventre vide autant savoir pourquoi et gouter le plaisir de la poésie plutôt que d'accepter la soupe immonde qu'on veut nous faire avaler pour tout salaire, autant rien foutre ce sera pas pire ! --Sylvie

Tout à fait d'accord pour lister les problèmes.. Je crois qu'au fond dans la collaboration, un des points fondamentaux est la transparence ; mais que celle-ci nous interroge justement sur notre désir réel de la voir à l'oeuvre. Et est-elle vraiment souhaitable (je pense que plutôt oui) ? Jusqu'à quel degré (je ne sais pas) ? On pourrait lister des exemples.. -- Sebastien.


En résumé ;-)

Inséré de http://idata.over-blog.com/0/09/22/66/2anes.jpg

Source : Le Reveil


Un peu de lecture



Category Travail Collaboratif

Dernière modification le lundi 3 avril 2006 11:19:30

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