Jacqueline Lopez
Remerciements Jaqueline Lopez Paris Dix :
Mise en page en cours de réalisation Dominique Dardel
LES IMAGES DE DEMAIN NAITRONT EN BRETAGNE
VITRINE MONDIALE POUR SAVOIR-FAIRE BRETON
Article Ouest-France le 01 juin 2005
_*"Exploiter l'héritage". Vœu affiché par ceux qui promeuvent l'idée d'un pôle Images et Réseaux, en ajoutant qu'il s'agit de faire de la Bretagne une "vitrine technologique" de niveau mondial.
Dans ce secteur pointu, il est vrai, de belles innovations ont germé sur le sol armoricain depuis 30 ans. Le Minitel ou le système Transpac, par exemple.
Les géniteurs du projet cisèlent une organisation articulée autour de plusieurs axes structurants, dont la mise au point de nouveaux services à des usages issus du couplage entre le monde de la diffusion et celui des communications mobiles, en passant par la mise en sécurité des réseaux, l'internet du futur ou les Nouvelles Technologies radio.
La Région Bretagne entend porter ce dossier. Du Trégor à Brest, de Rennes à d'autres microsites, le capital technologique pèse lourd.
La recherche et le développement dans les technologies de l'information et de la communication, c'est 15 000 emplois.
Fixe ou mobile, l'image va s'enrichir de services nouveaux, de fonctionnalités nouvelles. Certes les Techniques de l'Information et de la Communication ont vécu une période difficile dont le Trégor se souvient. Mais le marché revit aujourd'hui d'une belle croissance.
Alors tendue vers l'avenir, la Bretagne veut en tirer parti.
AL.G
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La rédaction de ce mémoire dans le cadre du "DESS Aménagement du Territoire Urbain et Rural par les TIC ", enseigné pendant l'année 2004-2005 à l'Université de Paris X - Nanterre, s'inscrit dans une mouvance de territoire : Pays, Communautés de communes et d'agglomération, nous place dans un projet de territoire numérique et une dynamique de développement en corrélation avec l'espace régional breton.
Le projet qu'il soutend nécessairement prendre en compte les risques de fractures géographiques ou sociales, liés aux problèmes d'accessibilité aux réseaux numériques, ou aux services qu'ils véhiculent.
La démarche se doit d'être participative et implique nécessairement l'ensemble des acteurs économiques et sociaux, ainsi que les différentes strates des collectivités territoriales.
Restreindre le contenu de ce mémoire, à la seule analyse de l'Espace Public Numérique de la Ville de St Brieuc, serait incomplet et non viable dans l'avenir.
Le constat est général : l'avenir des EPN , ou plutôt des Points d'Accès Publics, passe par une nouvelle orientation qui en fera des structures étroitement intégrées au tissu économique, social et politique pour répondre aux aspirations réelles et directes des citoyens et non des espaces isolés.
Je vous propose donc une analyse de terrain fondée sur ma connaissance des instances locales essentiellement, mais qui sont le reflet de préoccupations vécues de territoire.
Les enjeux du territoire NTIC pour le Pays et la présentation de la démarche type "schéma numérique"
L'analyse des TIC au niveau de la Collectivité Ville de St Brieuc dans son aménagement urbain Son évolution jusqu'en 2003, situation actuelle Etude de faisabilité du développement des usages dans différentes structures à travers l'exemple du quartier Ginglin/Plateau. Rappelons que le Conseil Européen de Lisbonne de mars 2000 a appelé de ses vœux l'avènement d'une "Société de l'information pour tous".
Si le plan d'action "e-Europe 2002" approuvé par le Conseil européen de Feira en juin 2000 a des accents très libéraux : "faire en sorte que tous puissent participer à l'économie fondée sur la connaissance"; les contributions ultérieures défendront une position nettement plus sociale.
La résolution du Conseil de l'Union Européenne du 8 octobre 2001 introduira la notion d'e-inclusion, définie comme "la participation de tous à la société de l'information". Cette résolution se propose de développer l'intégration à la société de l'information en tant que composante intrinsèque de la lutte contre l'exclusion sociale.
Il s'agit donc de veiller à : exploiter les possibilités qu'offre la société de l'information pour lutter contre l'exclusion sociale. Exploiter pleinement le potentiel de la société de la connaissance et des NTIC A ce que personne ne soit tenu à l'écart, en prêtant entre autres, une attention particulière aux besoins des personnes handicapées.
Le rapport du "Groupe d'experts de haut niveau Emploi et Dimension Sociale de la Société de l'Information (ESDIS) auprès de la Commission Européenne insiste sur l'intérêt à évaluer l'appropriation des TIC dans la vie de tous les jours et pointe la richesse des approches qualitatives qui mettent en avant : les stratégies de domestication des usagers, les potentialités de "construction sociale de l'innovation" et les nouvelles formes de sociabilité émergentes du fait de l'usage des différents systèmes de messagerie électronique.
L'évaluation des politiques ne doit pas porter uniquement sur les taux d'accès ou les capacités à maîtriser les outils, mais aussi prendre en compte les usages institutionnels, professionnels, domestiques, associatifs et s'intéresser à l'impact des TIC sur le capital social, le bien être individuel, la qualité de la vie.
LE PAYS DE SAINT-BRIEUC
Aujourd'hui on peut considérer que le "Pays de Saint-Brieuc" est la structure porteuse du développement de la politique des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication.
Cependant le Pays de St Brieuc souhaite s'intégrer dans les politiques menées à la fois par le Département des Côtes d'Armor et la Région Bretagne :
Le Département des Côtes d'Armor est à l'origine du programme "Côtes d'Armor Numériques" : qui traite à la fois de développement des usages, de développement de services et d'investissement dans des infrastructures à haut débit
La Région Bretagne est à l'origine des projets Mégalis et cybercommunes. Mégalis est une offre de réseau et de services à haut débit pour un ensemble d'usagers publics adhérents au Syndicat Mixte Mégalis.
PRESENTATION DU PAYS
Ø Périmètre géographique du Pays
Le Pays de St Brieuc composé de 63 communes, sur 1149 km2 est situé dans les Côtes d'Armor en Bretagne Nord. Densité de population 157 habitants au km2.
Il se compose de trois territoires :
littoral (La Baie de St Brieuc, Erquy, St Quay Portrieux) : 20 000 habitants urbain (agglomération de St Brieuc) : 110 000 habitants intérieur (un arrière pays rural, basé sur l'agriculture et l'agroalimentaire) 50 000 habitants
Le Pays représente avec une population de plus de 180 000 habitants :
- 1/3 du département des Côtes d'Armor,
- 1/3 de son poids économique, avec une population active de 70 000 personnes. Le taux d'activité de 74% est légèrement supérieur à la moyenne régionale. Les salariés représentent 85% de la population active.
L'agro-alimentaire prévaut aujourd'hui dans le paysage industriel. 13 des 22 établissements industriels de +100 salariés sont spécialisés dans ce domaine. Le tissu industriel reste toutefois assez diversifié.
Dans les services, le pays compte assez peu de grands établissements en dehors du Centre Hospitalier de St Brieuc et de grosses administrations. Les établissements (industrie, commerce et services) de moins de 10 salariés, représentent 89% des 7500 établissements.
Le Pays de St Brieuc se caractérise à la fois par un enracinement profond dans un terroir nourricier et par une large ouverture sur la mer.
Ø Organisation
Le Pays est défini par l'article 22 de la loi n°95-115 du 4 février 1995 (dite loi Pasqua) d'orientation pour l'aménagement et le développement durable du territoire, modifiée par la loi n° 99-533 du 25 juin 1999 (dite loi Voynet) et par la loi "urbanisme et habitat" n° 2003-590 du 2 juillet 2003.
Le Pays a choisi de se structurer sous la forme d'un Syndicat mixte ouvert , créé le 12 septembre 2002 comprenant :
ð 7 Etablissements Publics de Coopération Intercommunale (EPCI) :
6 Communautés de Communes Centre Armor Puissance 4 Côte de Penthièvre Lamballe Communautés Pays de Moncontour Pays de Quintin Sud Goëlo
- 1 Communauté d'agglomération de St Brieuc
CABRI
ð 3 Chambres consulaires : Chambre de Commerce et d'Industrie, Chambre des Métiers, Chambre d'Agriculture
L'organisation interne se répartit en :
Un bureau : 17 membres élus par le comité syndical : 1 Président, 7 vice-présidents et 9 membres. Un comité syndical : 58 membres répartis en 3 collèges : collège des communautés de communes et communauté d'agglomération collège du Conseil Général collège des chambres consulaires
7 commissions thématiques dont la Commission des Nouvelles Technologies et formations, Président Claude Saunier, Sénateur des Côtes d'Armor
Ø Missions
Selon ses statuts et l'arrêté préfectoral du 12 septembre 2002, le Syndicat Mixte exerce deux compétences :
ð l'animation, la coordination, la contractualisation du pays et la mise en œuvre d'opérations structurantes : projets économiques, sociaux, environnementaux, culturels, touristiques d'intérêts collectifs à l'échelle du pays.
- Adhèrent à cette compétence : la CABRI, 6 EPCI, le Conseil Général des Côtes d'Armor, la Chambre d'Agriculture, Chambre des Métiers (le Conseil Général étant organisme consulaire au même titre que les Chambres)
ð l'élaboration, l'approbation, le suivi et la révision du SCOT
(schéma de cohérence territoriale).
- Adhèrent à cette compétence, uniquement les 7 EPCI
Ø Contrats
Pour mettre en place la charte de développement en faveur du développement local, le Pays bénéficie de 3 dispositifs pour la période 2000-2006
Contrat de pays dont les fonds sont répartis : 3 029 091 € en soutien aux projets d'investissement 816 691 € de crédits d'ingénierie pour études et fonctionnements du pays
Convention PRAT (programme régional d'aménagement du territoire), Environ 7 005 407 €
FEDER (Fonds Européen de Développement Régional) : 4 770 280 €
Le Département des Côtes d'Armor apporte également une aide financière forfaitaire attribuée annuellement, permettant aux Pays de réaliser certaines actions à caractère structurant.
ENJEUX DU TERRITOIRE AU NIVEAU DES TIC
Le Pays de St Brieuc s'accorde sur une ambition forte pour la prochaine décennie.
Enjeu n°1 Affermir le développement économique et social point d'ancrage du nord de la Bretagne et prendre sa place dans une région dynamique mais éloigné du centre vital de l'Europe.
Enjeu n°2 La nouvelle réalité territoriale implique au niveau local de nouvelles relations entre les villes et leur territoire, fondées sur leur complémentarité. De nouveaux clivages apparaissent aujourd'hui en Bretagne.
Les clivages nord-sud succèdent aux rivalités littoral/rural ou est/ouest. Ces deux enjeux doivent être intégrés dans la réflexion des partenaires.
Le Pays de St Brieuc a le souci de maintenir un équilibre entre les différents territoires qui le composent, et via un schéma numérique pertinent, permettre le maintien d'un habitat rural dispersé et limiter ainsi le développement d'une trop grande concentration urbaine.
Dans sa charte de développement approuvée en 2001 par l'ensemble des EPCI du territoire, le Pays de St Brieuc a intégré la mise en œuvre d'une nouvelle dynamique territoriale, retenant parmi les axes principaux stratégiques, le développement des services et des usages des Technologies de l'Information et de la Communication (TIC) sur la globalité du territoire, à travers la mise en place du schéma numérique, en cohérence avec celui du département, lorsqu'il a identifié une partie des freins au développement du haut-débit.
Outre l'absence d'infrastructures télécoms, adaptées au haut-débit, ces blocages proviennent principalement d'une inculture à internet, voire à l'outil informatique et d'un manque de mise en commun d'informations.
Les objectifs :
ð Renforcer la cohésion et l'organisation du territoire (internet, outil de développement économique, également vecteur de démocratie locale) ð Contribuer au développement de la culture TIC dans l'ensemble du pays ð Enrichir l'image du Pays de St Brieuc (attractivité économique et touristique)
La nécessité de la mise en place du schéma s'appuie sur deux études :
Une étude menée pour l'Observatoire des Télécommunications dans la Ville et la DATAR qui a mis en évidence le risque d'une France à 3 vitesses en 2005, en matière de services de connexion hauts débits.
Une étude réalisée par le cabinet TACTIS à la demande du Pays qui montre que le département des Côtes d'Armor connaît un des plus faible taux de couverture de l'ADSL France Télécom (moins de 21% de la population), surtout en zone rurale à l'intérieur du département.
Ø Au niveau du milieu économique :
Un certain nombre d'entreprises de plus de 100 salariés : 11 % (ne disposant pas de liaison spéciale) n'ont bénéficié que très tardivement d'une connexion en réseau haut débit à l'internet.
Par ailleurs l'éloignement géographique des centres de décision fait peser également des risques en termes de perte de clientèles pour les entreprises locales du Pays de St Brieuc. L'usage des TIC peut compenser ce handicap lié à l'éloignement géographique.
Un des risques identifiés sur le pays est celui de la migration des entreprises vers des zones desservies en haut débit et l'implantation des nouvelles entreprises le long des autoroutes de l'information.
Ainsi, le risque d'une France à 3 vitesses en 2005, en matière de services de connexion hauts débits, est transposable au Pays de Saint-Brieuc.
pôles privilégiés (ou zones blanches) : environ 65% de la population et 10% de la surface du territoire
pôles intermédiaires (ou zones grises) : environ 10% de la population et près de 10% de la surface du territoire
pôles en jachère (ou zones noires par rapport aux zones éclairées par la fibre optique) : environ 25% de la population et 80% de la surface du territoire.
Le déploiement des réseaux hauts débits longue distance et métropolitains de 1998 à 2001 n'a donc pas contribué à la réduction des disparités territoriales, mais à l'inverse les a accentuées.
Les TIC sont un facteur déterminant de la compétitivité des entreprises.
Ø Au niveau de la population, des associations
L'usage et l'accès différencié des NTIC par les différentes populations est source de discrimination et d'inégalités entre individus (en terme de recherche d'emploi, de formation, d'information, de communication).
La conduite de nombreux programmes de développement de l'usage des TIC, traduit une "certaine" volonté des responsables publics d'utiliser ces technologies pour rééquilibrer leurs territoires, lutter contre les exclusions et favoriser le développement local.
L'Agence de Développement Economique, a reçu mission de la part des EPCI constituant le Pays de mettre en œuvre les conditions permettant de créer une nouvelle dynamique territoriale à partir du développement des TIC, uniquement sur la partie développement des usages.
La partie développement des infrastructures de télécommunications à haut débit étant à la charge du Conseil Général avec deux missions :
compléter la couverture territoriale (plans d'actions à court terme) amener la concurrence sur le très haut débit
La démarche de type "schéma numérique" nécessite :
Un positionnement clair et sans ambiguité de la part des responsables des collectivités. Les institutions territoriales doivent initier ce type de démarche, puisqu'elles ont la légitimité. Leur contribution devra constituer à la fois le socle et le ciment de la démarche.
Une responsabilité en terme de coordination avec les autres acteurs du territoire, un rôle d'arbitrage également de manière à respecter les équilibres territoriaux.
DEVELOPPEMENT DES USAGES
Le coordinateur en charge de ce point est M. Claude Saunier, Sénateur, Initiateur et Président de la Commission TIC ADE mise en place depuis 2002 a engagé une démarche stratégique de sensibilisation.
Cette commission se compose d'un représentant de chacun des 7 EPCI et un nombre équivalent de chefs d'entreprise.
Sensibilisation aux enjeux des TIC
Un travail de sensibilisation a commencé grâce à la mobilisation des élus et des chefs d'entreprise. La quasi-totalité des membres de la commission TIC ADE assiste aux réunions mensuelles. Chaque réunion comporte un volet "sensibilisation" et information aux NTIC. Ainsi plusieurs exposés sur des thèmes liés aux TIC, des visio-conférences et des visites de sites ont pu être organisées dans ce cadre (France Télécom, R&D, CNFA et véhipôle, etc).
Plusieurs conférences ont eu lieu à travers le territoire pour informer les élus et les citoyens sur la démarche du schéma numérique. Celles-ci ont connu un vif succès (plus de 150 personnes présentes), essentiellement en zones rurales où la percée de l'ADSL est encore difficile. L'ensemble des sujets abordés notamment les projets concernant les services à la population, la formation à internet en s'appuyant sur les structures existantes telles que la cybercommune, ont mobilisé avec enthousiasme.
Parallèlement - Création de groupes de travail sectoriels
Cinq groupes de travail ont été mis en place.
Collectivités locales Entreprises Associations et Espaces Publics Numériques Formation Santé
Ces groupes de réflexion et de proposition sont constitués sur la base du volontariat et composés d'élus, de chefs d'entreprises, d'agents de collectivités territoriales, de partenaires institutionnels, et se réunissent chaque mois au sein de l'Agence de Développement Economique, sur la base d'un ordre du jour. Les groupes sectoriels et les cibles :
1) Collectivités locales - e-collectivités
Objectif : Quels usages des TIC dans les Collectivités ? : Quelles possibilités de mise en œuvre d'outils partagés basés sur l'usage de l'internet et d'outils type intranet, ainsi que la mise en ligne de l'information utile (guides des aides, références administratives et juridiques, fiches projets…) aux agents territoriaux dans le cadre de travail intercommunal.
Lancement du groupe de travail en mars 2005, avec une enquête dans les communes du Pays (56 communes)
Résultats de l'enquête : besoins exprimés
Ø Nécessité d'outils cartographiques et données SIG mutualisées : 28 communes Ø Demande de formations des agents de la filière administrative : 51 communes
Ø Demande de formations des élus : 30 communes
Ces trois points sont les éléments forts de l'enquête et sont intéressants dans l'évolution des usages. Les communes comprennent de plus en plus la nécessité d'échanges d'informations (questionnaire répondu pour cette partie par les techniciens SIG qui expriment fortement leur désir de travail collaboratif) , et la nécessité de formation et d'information.
On voit une émergence des demandes des élus qui est intéressante pour la mise en place du schéma. Ce domaine n'est plus réservé aux agents territoriaux.
Associés à la poursuite de la démarche :
Le Centre de gestion 22 : Organisme de formation. Etablissement public administratif, organisé à l’échelon du département, le Centre de gestion gère la carrière des fonctionnaires territoriaux affectés dans les communes et établissements publics locaux employant moins de 350 agents. Il assure en particulier le secrétariat des instances paritaires (CAP, CTP). Le Conseil Général : pour le volet information SIG, IGN La Ville de St Brieuc : information près des élus sur le volet informatique : charte informatique
2) Entreprises
Objectif : le projet e-commande dès 2004. : Proclient
Il s'agit de mettre en place un outil mutualisé de e-crm (gestion de la relation-client ) à l'attention des très petites entreprises et PME, afin de faire face à la dématérialisation, et de la gestion des commandes par internet. En mai 2005, le projet "Pro Client?" est dans sa phase expérimentale près de quelques entreprises, Il sera géré en partenariat avec l'Agence de Développement Economique et la Chambre de Commerce.
Suite à une réunion du 6 juin 2005, le point d'avancement est le suivant :
- Attente de la décision du Conseil Régional, qui estime que les fonds publics ne sont pas là pour promouvoir des produits destinés aux entreprises privées.
- La Chambre de Commerce et d'Industrie estime que la taille du Pays est trop juste pour lancer un tel produit dont le coût est estimé à (je dois vérifier)
- Attention à l'impact fort dans l'entreprise au niveau de l'organisation, il est nécessaire de prendre des mesures d'accompagnement
- Une demande de partenariat par l'intermédiaire du Pays est en cours entre le Pays, le Conseil Régional, le Conseil Général, les Chambres consulaires, les EPCI, une réunion sur ce partenariat aura lieu le 9 juin.
3 – Le tissu associatif et Espaces Publics Numériques
Associations
Au niveau des associations, on voit rapidement que ces structures sont en règle générale, sous-informatisées et ne travaillent pas en réseau. Le tissu associatif sur St Brieuc est très important, puisqu'il représente environ 500 associations.
En mai 2005, ce groupe est en sommeil
Espaces Publics Numériques
Pour ma part, j'ai été rapidement associée au groupe "Espaces Publics Numériques" composé de 2 personnes (Loïc Le Nel, coordinateur MJC du Plateau et moi-même), compte-tenu :
de mon expérience au sein du centre multimédia de la Ville de St Brieuc depuis 2001 en qualité de responsable du centre d'une expérience TIC par la mise en œuvre du site internet de la Ville de St Brieuc depuis 1998 d'une bonne connaissance du territoire et de mon intérêt, pour le développement des TIC sur le territoire
L'objectif est :
- de consolider et renforcer le dispositif existant constitué essentiellement de cybercommunes,
- favoriser le travail en réseau des animateurs.
L'arrivée en fin de contrat de certains animateurs, qui ont un statut d'emploi-jeune, ainsi que le risque qu'ils ne puissent pas être renouvelés, auront un impact fort sur le fonctionnement des espaces existants.
Les actions à engager :
1) En mars 2004 : faire un état des lieux de l'ensemble des espaces existants sur le territoire : moyens humains, techniques, financiers, afin d'en dégager une carte précise des différents points d'accès, d'en préciser l' état "général", se connaître et pérenniser le réseau d'espaces.
2) En juin 2004 : répondre à un appel à projet régional pour définir un EPN "centre de ressources" pour l'ensemble du Pays, et la création d'une charte de qualité pour les cybercommunes
3) Pour 2005 - proposer l'acquisition d'équipements mutualisés dans le cadre de la mise à disposition de la réserve parlementaire par M.Saunier, sénateur, et l'aide du Conseil Régional . Ces outils devant avoir une portée d'intérêt général pour l'ensemble des citoyens du Pays de St Brieuc.
ð 1) Etat des lieux des points d'accès publics
Mars à Mai 2004 : L'état des lieux des espaces : 22 cybercommunes ou centres associations ou espaces municipaux sont présents sur le territoire
Cet état des lieux a été fait à l'aide de questionnaires et de rencontres. Les interlocuteurs étaient le plus fréquemment les animateurs en place dans ces structures, les élus ont été consultés mais peu présents, sauf quelques cas, 2 à 3
L'exploitation totale des données a fait apparaître en très grande majorité :
Un sous-équipement des espaces.
Des offres de service très disparates : équipement désuet datant du bonus du premier plan des cybercommunes en 1994, machines obsolètes, sans solution de maintenance.
Un service public soumis aux aléas de la présence de l'animateur : ouvert, fermé… pas de professionnalisation.
Des animateurs qui très souvent, ont "enseigné" ce qu'ils maîtrisaient le mieux sans fil conducteur, ni formation adaptée.
Des jeunes en fin de contrat, en situation professionnelle précaire, qui n'ont pas eu accès à des concours au cours de leurs 5 ans d'activité.
Des jeunes de bonne volonté, motivés avec un grand souci de l'initiation de leur public aux TIC.
Ce constat est celui qui émerge de bon nombre d'études actuelles et ne fait que renforcer la nécessité d'urgence de sauver quelques structures à défaut de l'ensemble.
ð 2) Réponse à l'appel à projet de la Région Bretagne
La Région Bretagne a souhaité en 2004, relancer le projet cybercommunes par le projet Cybercommunes 2, en ayant pour objectif de créer un centre de ressources par Pays.
Le dossier devait être déposé par la Collectivité qui souhaitait l'implantation d'un centre de ressources sur le territoire et devait répondre à un cahier des charges portant notamment sur la mise à disposition d'un technicien pour l'ensemble des cybercommunes sur le territoire, des services rendus , le Pays n'étant que l'élément porteur du projet.
Le caractère restrictif d'un seul centre, compte-tenu de l'étendue du territoire et des résultats de l'enquête, nous a conduit à établir un cahier des charges "charte de qualité" approuvé par le Syndicat Mixte du Pays, pour devenir territoire expérimental en proposant la création de 7 centres de ressources (soit 1 par EPCI) basé sur un équipement identique et une mise en place de moyens humains identiques adapté au service public :
une mutualisation des compétences des animateurs, avec une gestion du personnel en réseau : formation, titularisation, une mise en commun d'un technicien pour répondre aux difficultés de maintien du parc en bon état, un recours à du personnel qualifié du centre de gestion dans le cadre de remplacement, donc développement de collaboration avec le centre de gestion, un service identique en matériels : Haut débit, locaux propres et spacieux, imprimante laser couleur, webcam, etc., l'élaboration d'un règlement intérieur commun.
Ce projet a rapidement été écarté du projet régional car il ne correspondait pas à la démarche
Deux dossiers individuels ont cependant été déposés : Lamballe et Médiac@p St Brieuc.
La Région a exclu le dossier de St Brieuc car nous étions en agglomération et qu'elle souhaitait donner une chance au territoire rural, mais Lamballe ne répondait pas au cahier des charges. Le projet n'a pas vu le jour et nous sommes en attente d'un nouvel appel à projet au niveau régional… Freins à la mise en oeuvre
Cahier des charges non ouvert, ne permettant pas à des petites structures d'y répondre par manque de moyens techniques et humains Réservé aux structures rurales qui n'ont pas les infrastructures suffisantes Seule aide au financement sur l'investissement Pas de prise en compte des charges de fonctionnement Et surtout pas de prise en compte du maillage territorial
Etat d'avancement
Fort du travail effectué, la structure du Pays a souhaité prendre à son compte à partir de septembre 2005 le projet de développement des 7 centres.
Difficile avant cette date car :
Freins à la mise en oeuvre :
Une structure jeune avec des engagements importants des élus à plusieurs niveaux dans leurs mandats locaux ou régionaux, donc un taux d'absentéisme non négligeable aux réunions qui ne permet pas de prise de décision sur des dossiers dits prioritaires (ex : pays touristique) et bloque les dossiers suivants
L’intérêt personnel encore assez net de favoriser le développement de « sa » commune
La nécessité d'une embauche d'un chargé de mission pour la coordination du projet sur l'ensemble du schéma numérique et la mise en œuvre des moyens, l'animation et la coordination
Le poids de la "Ville centre St Brieuc" par rapport au reste du Pays et aujourd’hui la gestion d’équipements et de compétences actuellement gérés par la Ville de ST Brieuc, qu'il serait logique de transférer soit au niveau de l'agglomération ou du Pays.
Pas d’élu(e) représentant les intérêts de la Ville de St Brieuc et la CABRI en matière NTIC (en cours de changement, ce qui serait salutaire pour tout le territoire)
ð 3) Mutualisation de moyens : Web TV, matériels pour handicapés
Début 2004, dans le cadre du travail du groupe EPN (2 personnes), il nous a été demandé de réfléchir à l'utilisation de la réserve parlementaire annuelle mise à disposition pour un projet d'intérêt général, dans des axes sortant de l'équipement "classique" des EPN.
Très vite, deux projets nous ont semblé intéressants à élaborer :
1) la création d'une WEB TV à l'initiative de la MJC du Plateau : citoyenne, créative, participative et évolutive. Cette web TV de proximité, devant permettre une nouvelle appropriation d'internet de part son mode de diffusion favorisant ainsi la venue de nouveaux usagers dans les espaces.
Etat d'avancement
ð La Web TV
http://www.monbled.tv
est née le mercredi 18 mai à 18h18 et fait l'objet d'un vif succès (environ 300 connexions par jour). L'organisation est confiée à la MJC, qui reçoit jusqu'au 15 juillet, des étudiants en formation vidéo-montage. Les chiffres de connexion sont de 2 900 en 13 jours, et de nombreuses propositions de reportage émanent de la population locale. De nombreuses associations ont été partie prenante du projet, et ont souhaité s'associer au groupe de lancement. Certaines se sont engagées dans le projet de développement futur de la Web-TV. Il est évident que la MJC ne pourra pas être seul acteur dans le développement. Ce projet est trop lourd dans la conception et la réalisation, sans équipe étoffée.
Cette initiative permet l'échange inter-générations, l'enrichissement par les micro-trottoirs, le déroulement de la vie de proximité…et la découverte d'internet par un nouveau média. Freins à la mise en œuvre :
longueur des procédures administratives : plus d'un an : l'acquisition devait avoir lieu en mai 2005, la MJC a dû louer du matériel en attente.
Au 1er juin, l'appel d'offres n'est pas encore validé
les étudiants sont opérationnels jusqu'au 12 juillet, après cette date l'action s'arrête.
pour l'instant les élus locaux ne saisissent pas l'opportunité de la TV de proximité
les élus au niveau du Pays n'en n'ont pas la connaissance puisqu'il y a sous-équipement
il faut convaincre pour obtenir les possibilités de relancer la Web TV au 1er septembre.
Suite à une réunion le 6 juin à l'Agence de Développement Economique il est proposé que pendant une séance du Syndicat Mixte du Pays avant l'été, une démonstration de Monbled.TV soit effectuée afin d'en présenter le contenu enrichi pendant 3 mois, et informer les élus sur l'intérêt de ce nouveau média.
2) La mise à disposition de matériels pour non-voyants et déficients visuels avec accès aux outils bureautiques et internet et une machine à lire, écran agrandisseur, clavier grosses touches…
Ce besoin était vivement ressenti car j'ai dans le cadre de mon travail, deux collègues non-voyants, en phase totale de décrochage par rapport aux autres utilisateurs des outils bureautiques.
Le nombre de non-voyants ou déficients visuels est estimé à 1500 dans les Côtes d'Armor, un centre éducatif rural d'aveugles est d'ailleurs implanté dans la région.
http://www.aaa.dk/jobvision/HTML/france_-_en_francais.htm
L'acquisition à titre individuel est très onéreux, et reste difficile à intégrer dans les budgets d'investissement des collectivités, tant que ce choix n'a pas mis en priorité.
Etat d'avancement
ð L'équipement non-voyants et mal voyants sera mis en place en août 2005, à au Médiacap de St Brieuc.
J'avoue en mai 2005, que les produits proposés pour les non-voyants me semblent d'accès très fastidieux . De plus les sites développés pour cet handicap sont vraiment encore très rares…donc il est fort possible que l'acquisition aura lieu en septembre après avoir vu les différents outils et choisi le mieux adapté
Donc à ce stade, l'hésitation est encore de mise, car cet équipement doit simplifier la vie des non-voyants et non pas rajouter un stress supplémentaire. Les appels d'offres sont en cours, mais seront suivis de comparatifs surtout au niveau de la facilité d'utilisation.
Les produits bureautiques me semblent assez adaptés, mais notre mission est aujourd'hui de favoriser l'accès à internet.
Une convention sera signée avec l'Association des aveugles et handicapés visuels de Bretagne, car l'aide aux usagers handicapés doit être faite par les animateurs en place, assistés de personnes formateurs spécifiques au moins dans une première phase afin de faciliter la prise en main et l'intégration des handicapés dans la structure existante.
Une autre piste d'accompagnement est en cours, qui est le reclassement d'un agent municipal non-voyant, très intéressé par le projet , actuellement au standard, sans perspective professionnelle à ce niveau.
L'ensemble de ces deux matériels restent propriété du Pays, font l'objet d'une convention annuelle et sont à disposition des usagers de l'ensemble du Pays.
Freins à la mise en œuvre :
Longueur des démarches administratives et du montage des dossiers avec les aller-retour entre les différents organismes (un an 1/2) pour les deux opérations
Aucun frein sur la nécessité des équipements non-voyants à Médiacap
Prise en charge supplémentaire de travail au niveau de l'EPN, sans complément de ressource
Pas de réelle volonté politique des élus de St Brieuc de s'approprier le projet
4 - Enseignement-formation ð un sous-groupe a émergé de ce groupe sur la formation à distance. début des travaux septembre 2005
5 - Santé ð Le rôle de ce groupe d'échanges consiste à réfléchir à une cohérence dans le domaine de la santé, entre l'hôpital et la médecine en ville, le médical et le social afin de disposer grâce aux TIC, un système de santé plus efficace. – relance du groupe en octobre 2005 CONCLUSION DE CETTE PARTIE Cette présentation met en évidence :
ð la difficulté de mise en œuvre d'outils intercommunautaires au niveau des politiques régionales, locales
ð l'avancement à des rythmes différents et très variables des travaux dans les différents secteurs.
ð le nombre d'acteurs possibles sur un territoire, d'où l'intérêt d'une bonne connaissance des réseaux, il faut "occuper" le terrain : Pays, Agence de Développement Economique, Conseil Régional, Mairie, CABRI….
ð difficultés culturelles : méconnaissance des élus des usages dans les EPN et de la politique de proximité par les TIC, on peut parler de la crise de l'accès public
ð la nécessité de concrétiser des actions et les faire rentrer dans les acquis, car pour les acteurs de terrain, la longueur des procédures, le manque de "l'interlocuteur qui centralise, fédère et décide" essouffle les projets, et donnent souvent l'impression de "flop".
ð admettre qu'aucune action n'avance sans consensus d'élus ou volonté d'élu.
ð le maintien dans la confusion : la pêche aux subventions devient un vrai sport et nécessite une multiplication de montage de dossiers : Conseil Régional, Général, Caisse des Dépôts… chacun relançant sur la structure voisine, les moyens et les compétences. La délocalisation des services de l'état complexifie les procédures de réalisation.
ð Le décloisonnement des interventions publiques, contraint actuellement les acteurs locaux, élus et professionnels à travailler en réseaux sur des territoires (géographiques ou de compétences) désignés comme communs.
Il ne s'agit pas là bien sûr d'une inclinaison naturelle.
ðJusqu'alors l'administration fondait son efficacité sur le découpage et la spécialisation des fonctions et des activités.
ðL'émergence de projets novateurs, comme ceux qui visent à la démocratisation de l'usage des NTIC, participe et illustre parfaitement les difficultés qu'éprouvent encore les institutions politiques locales à s'emparer des nouvelles logiques de travail collaboratif, et agir de concert pour répondre à des enjeux qui souvent leur niveau de maîtrise locale et ne peuvent être appréhendé et compris sur la base de territoires plus vastes qui impliquent un échange d'informations et un partage continu de compétences.
Dernière modification le mardi 10 octobre 2006 8:57:55



