Io Kanaan
Io Kanaan est un personnage d'
Oscar Wilde qui a le plus grand succès auprès de la jeune Salomé. C'est aussi un expert en
monothéisme.
Il est l'auteur de quelques Remarques Sur Un Portrait De Nazarenus. Il s'inspire souvent de la grande sagesse de Cochonfucius dans son
pantodrome, mais il ne parvient presque jamais aux mêmes conclusions. Il ne sait pas si sa main droite ignore ce que fait sa main gauche. Pour jouer au flipper, c'est mieux, pour
planter un jeune pommier, c'est moins bien. Dans un tout autre domaine,
il se demande
si cette vie est vraiment un
cauchemar à plusieurs et si le roi des arbres est un buisson. Il se pose quelques questions sur le
protecteur des vieux arbres et il ne sait pas si nos illusions ne nous gouvernent pas en permanence, par exemple en matière de
goût du pain,
de
séduction, de
mariage et de vie familiale. Nous ressemblons à ces fameux
ouistitis qui saisissent un caillou dans un
vase solidement fixé à un tronc d'arbre, et ne peuvent plus en libérer leur main inutilement refermée sur cet objet désirable.
Plutôt que d'achever des litres, Io Kanaan préfère
acheter des livres, pour les raconter à ses camarades, ou aller au
théâtre en Chine, pour entendre quelques paroles de
Neige, et lui réciter ce court poème:
Lorsque nous étions des chenilles vertes, nous ne cessions de manger et de nous agiter. C'était autrefois.
Lorsque nous serons des papillons blancs, nous ne mangerons pas beaucoup mais nous volerons partout dans le jardin. Ce sera dans longtemps.
Ce jour nous sommes immobiles, n'étant plus du tout des chenilles, pas encore des papillons, ce que nous sommes n'a pas de nom, ou alors, ce nom n'appartient pas à notre univers, c'est une forme de vie immobile, qui se transforme en profondeur, et qui est protégée par un épais cocon en fil de soie entortillé plusieurs milliards de fois.
S'endormir, sous cette forme?
Après s'être tourné plusieurs milliards de fois comme des
mangemerles dans le
Lakangguo?
Cependant, il se demande si ceux à qui il adresse ces stances, et lui-même en premier, ne sont pas au fond
des ratés,
mais comme l'a dit Jules Renard, "Quand je m'examine,
je m'inquiète, quand je me compare, je me rassure".
Puis il chante :
Le printemps commence à peine,
Je n'entends rien à la mort.
Que six mille autres jours viennent,
Ils rendront mon coeur plus fort.
Est-ce que les
oiseaux se cachent pour courir?
Oiseaux, poissons d'avril, apprenons à mourir.
Nous vivons notre peau, et non notre squelette.
Avril est la saison des chastes violettes;
Puisqu'il mène au printemps, nous aimons notre hiver,
L'automne, nous l'aimons, car il rouille le fer.
Sera vraiment à toi ce que tu abandonnes,
Si ton présent est fade, il n'est pas monotone.
Tous nous mourrons sur terre, un jour, au fond des bois:
Quel plaisir, ce sera notre première fois.
Mystérieux poisson nommé "femme",
Que je pêche à mon grand péril ;
Que je cuis avec ou sans flamme,
Qui souvent est poisson d'avril.
Dernière modification le vendredi 19 juin 2009 17:26:07
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