Il Faut Une Sémantique Souple
Propos (par Escape) :
(Note: cette page est loin d'être achevée)
Il y a un certain intérêt, ---pour moi ludique mais pour la plupart des gens matériel---, à ce que l'on puisse exploiter la "sémantique" de réseaux d'information tels que le Web, les Blogs ou les Wikis.
Cet intérêt est d'ailleurs bien motivé par l'économie. Si le programmeur marche à l'hubris, les entrepreneurs qui usent des outils créés par lui ne se soucient de rien d'autre que de leur bourse.
La domination du domaine sémantique n'est qu'une campagne de plus pour automatiser la production, réaliser des économies d'échelle monumentales, extraire de la donnée pour la recycler dans les conduits communs.
(Ceci est corollaire des
100 Thèses sur le Primat de l'Information)
Il serait d'autre part surprenant qu'une société basée sur le profit trouve en cette activité autre chose qu'une occasion de se perpétuer à un degré supérieur. Et dans ce cas, l'être humain en ce qu'il a de constitutif (être un être pour l'entente duquel il y va de son être même) se verrait déposséder d'un attribut qui lui était jusque là spécifique, à savoir la sémiose.
Il existe en effet déjà une machine extrêmement efficace pour décoder n'importe quel contenu lisible sur Internet, une machine pluricellulaire qui marche aux hydrates de carbone. L'être humain lui-même, pour qui le langage a été primitivement conçu.
Les tentatives de formalisation de la sémantique humaine reviennent in fine à découvrir ce qui se passe sous le sommet d'un crâne, puisque quelque part on veut reproduire telle capacité cognitive de l'humaine black box. Ou bien on comprend comment le cerveau marche et l'on copie à l'identique, ou bien on établit des principes généraux et l'on invente une machine qui travaille d'une manière comparable tout en étant différente (un travailleur --- rabot' --- robot).
Mais c'est ici que les ennuis commencent. Les sciences cognitives ne suivent pas un cours vierge de toute idéologie, et même en dehors des courants de pensée dominants, il y a l'ignorance dommageable des affaires philosophiques qui grève ce programme de recherche. Il y a une fausse conscience de la recherche cognitive.
La page Wiki Sémantique en donne un exemple flagrant, et il serait sans doute passionnant de faire un inventaire exhaustif des implicites tapis à chaque ligne, implicites que par définition nul ne remet en question puisque nul ne les aperçoit, mais qui ont surtout pour effet, prétendons-nous, d'empêcher tout progrès réel dans le domaine.
Cependant une telle dissection, --si exhaustive et urgente qu'elle puisse paraître, et qu'elle est en effet--, nous ne la ferons pas, faute de temps et d'énergie. Mais nous pouvons épingler çà et là quelques unes des fulgurantes inconséquences du projet.
La première de ces épingles concerne la notion de sémantique elle-même. Il faut remarquer à ce sujet que les linguistes sémanticiens qui présentent leur science ne sont pas d'accord entre eux sur ce qu'on doit appeler sémantique.
Ainsi, pour certains, la sémantique de la phrase "Aujourd'hui 6 septembre 2004, il pleut" est l'ensemble des conditions permettant de déterminer si cette phrase est adéquate au monde réel. Cela veut dire que la valeur vrai/faux prime sur toutes les autres valeurs, et aussi que l'on a indiscutablement accès à quelque chose qui s'appelle "le monde réel" --deux hypothèses à notre avis fort discutables.
On pourrait dire, en adoptant une philosophie opposée, que la sémantique de la phrase "Aujourd'hui 6 septembre 2004, il pleut" correspond à l'intention de la personne qui a dit cette phrase. Ainsi posée, la sémantique devient quelque chose de très intéressant, bien qu'essentiellement spéculatif, puisqu'on ne dispose pas de moyen réel de savoir ce que les gens ont en tête lorsqu'ils parlent.
Le second point de vue a sur le premier l'autre avantage que l'on peut alors parler sans problème de la sémantique du dernier vers d'un poème d'Apollinaire, "Soleil cou coupé", ou de celle de "Je est un autre", des phrases qui évidemment posent problème si l'on veut les conformer à un carcan de vrai/faux, ou si l'on veut les rapporter à un "monde réel".
Et d'ailleurs, les phrases issues de romans, les mensonges, les fictions, etc. doivent être considérés par rapport à un monde qui n'est pas stricto sensu le monde réel. Si donc on veut appliquer l'approche véri-conditionnelle, il faut étendre la notion de "monde réel", en imaginant des "mondes possibles", des "petits mondes", des "logiques modales", etc.
On voit déjà poindre là une caractéristique propre à tous les modèles basés de manière trop psychorigide sur la logique pure ("modèles logicistes") : ils commencent avec des considérations simplissimes qui abusent de la richesse du vécu, et puis, comme ils échouent, on leur adjoint un nombre croissant de correctifs, d'amendements, de prothèses, si bien qu'ils ne ressemblent plus à rien.
Ne serait-il donc pas possible de proposer d'autres modèles, simples également, mais évitant cette gabegie conceptuelle ?
Toujours à propos de sémantique, nous noterons que dans l'approche vériconditionnelle, du fait que c'est le vrai/faux qui prime sur toute autre valeur, seule les phrases ont à proprement parler une sémantique. On peut bien dire si "Toto dort" est vrai ou faux (enfin non, on ne peut pas, justement, mais passons...) tandis qu'on ne peut pas dire si "Toto" est vrai ou si "dort" est faux.
Donc, avec une telle approche, "Toto" et "dort" n'ont pas de sens. La phrase "Toto dort" a un sens, mais "Toto" et "dort" n'ont qu'une désignation.
Cela revient encore à dire que cette approche vériconditionnelle est centrée sur cette petite province de la linguistique qui s'appelle "prédicat", et que tout ce qui n'est pas du ressort de cette province est banni de la science sérieuse (ou remis à un état ultérieur de ladite science). La petite province est devenu empire hégémonique.
L'approche qui consisterait à parler de sémantique pour qualifier l'intention du locuteur ne tombe dans aucun de ces travers, car s'il y a de l'intention dans "Toto dort", il y en a encore dans "Toto" et dans "dort" pris isolément. Mais il est vrai qu'il faudrait encore déterminer précisément ce qu'on entend par "intention", c'est-à-dire en fait de quelle manière on détermine une intention, ou encore, si l'on veut, le genre de calcul que l'on peut effectuer avec.
Disons donc que l'intention de n'importe quel signifiant est le paysage mental de toutes les connexions qu'on espère qu'il activera chez le récipiendaire. Et comme la personne qui parle s'écoute elle-même parler (cela lui permet de se corriger lorsqu'elle pense ne pas être claire), l'intention ou le sens concerne aussi les connexions qui sont pensées par le locuteur lui-même préalablement à toute élocution.
Ainsi, nous dirons que le sens d'une unité, quel que soit son niveau d'intégration, est avant tout la kyrielle des unités qu'elle appelle, qu'elle invite, qu'elle séduit, ---qu'elle autorise.
Ainsi déterminé, le sens n'est plus prisonnier de l'Impériale Province du prédicat. Il existe pour les mots comme pour les phrases, les paragraphes ou les textes. Il transcende les langues et les moyens d'expressions, ne se limitant pas au seul texte.
Le sens ainsi compris est également ami de l'analogie, de la métonymie et de la métaphore. Métonymie : dire la partie pour le tout, le tout pour la partie, le contenu pour le contenant, etc. Métaphore : parler par images.
Si l'analogie peut encore à la rigueur être intégrée dans un formalisme qui doit tout aux mathématiques pures ("A est à B ce que C est à D", qu'on peut écrire comme une égalité de deux rapports, ainsi que le dit Aristote), la métonymie et plus encore la métaphore sont depuis longtemps rebelles à un tel traitement.
Nous pensons qu'elles le seront toujours, car elles présupposent des connaissances pragmatiques (c-à-d des connaissances sur le monde des choses dont nous parlons), or ces connaissances sont si énormes et si diffuses que, même si la structure logique du monde était une structure discrète, il faudrait néanmoins pour s'en tirer la modéliser de manière continue. Or l'approche logico-mathématique, généalogiquement frégéenne, ne sait rien faire du continu.
De plus, en ce qui concerne la métaphore elle-même, elle court-circuite souvent la logique la plus plate qui soit (celle des mathématiciens), car elle revient en pratique à admettre des choses telle que "ce qui est A est non-A", ---choses qui font plaisir à Cakyamuni ou à Héraclite mais qui mécontentent Frege et le premier Wittgenstein.
(Si au moins les informaticiens qui érigent pour le Wiki Sémantique savaient qu'ils ne font que mettre en pratique un courant philosophique remontant à Frege et au premier Wittgenstein {avec des vrais morceaux de Parménide dedans, pour l'arôme} ---courant dont la mise en oeuvre pratique s'appelle "machine de Turing" ou "Net Economie"...--- alors ils verraient tout ce que leur credo a d'apriorique. Ils verraient notamment que d'autres délibérations relatives à l'informatique sont possibles en dehors de ce courant philosophique parvenu. Et qu'en ne prenant pas conscience du provincialisme de leur logos, ils se condamnent à ne pas chanter toutes les harmonies du créable.)
Ainsi donc, il semble bon de fonder le sens sur autre chose que la logique pure, celle qu'on trouve dans la littérature depuis les balbutiements syllogistiques jusqu'aux théorèmes d'un autrichien célèbre (et même après).
En donnant un statut central au caractère connectif de l'espace blablatique, nous réalisons un beau mouvement, à vrai dire. Car cela résoud deux problèmes d'un seul coup.
Premièrement, la métaphore devient plus importante que le théorème, autrement dit le formalisme devient plus près du langage de tous les jours que de celui des articles scientifiques, et l'on peut enfin envisager une grammaire générale qui ne rende pas les armes devant la plus simple des phrases quotidiennes.
Deuxièmement, le formalisme étant connectif, il s'adapte tout naturellement à un substrat lui-même connecté, intéressamment connexe. Or les lexiques, les encyclopédies, la progéniture inavouée des réseaux sémantiques, les réseaux textuels du Net mêmes, ne sont-ils pas de tels substrats ?
Et bien qu'il s'agisse là d'une approche que l'auteur de ces lignes
a découvert par ses propres moyens, il ne faudrait pas croire qu'elle
est isolée. Cà et là, d'autres personnes en sont venues à des
conclusions analogues. Par exemple, sur le caractère insatisfaisant des sémantiques formelles (uniquement formelles), on peut lire
Jean-Emmanuel Tyvaert.
Ce formalisme et cette approche nous mènent à trois développements pratiques, se concrétisant sous la forme moderne de trois langages de programmation nouveaux.
La première de ces concrétisations est directement liée à la notion de séduction intentionnelle évoquée antérieurement. C'est la métaphysique influente de notre approche ("holistique") qu'elle met en mouvement : à savoir gouverner la production d'éléments signifiants par le seul mécanisme de l'association d'idées.
Le langage qui en découle est dépourvu d'instructions au sens strict. Il procède selon de tout autres voies.
Les deux autres résultantes concrètes de notre approche concernent les notions d'individu et de constituance, qu'une critique impitoyable de l'implicite moderne met définitivement en péril.
Cette critique peut au fond être entamée par un examen incisif de ce qu'on appelle "catégorie". Nous n'entendons pas nécessairement le mot selon l'acception kantienne : "Catégorie" peut aussi vouloir dire le genre, l'ordre, l'ensemble auquel appartient une espèce, un individu, un élément (ainsi le Pentium appartient à la catégorie des processeurs).
Cependant ce qui suit est également valide si l'on entend "catégorie" dans le sens que Kant nous a légués (et avant lui Aristote --- voir Heidegger, "Qu'est-ce qu'une chose ?", B. III).
Dans la première acception, "catégorie" se réfère à la pratique ensembliste d'ordonnancement de l'univers (l'univers, ce machin dont il sort des trucs). Dans la seconde acception, l'ordonnancement est conçu de manière plus spécifique comme étant ce qui autorise (ou qui fonde) une prédication quant à l'univers --une prédication discrétisée, une prédication logiciste.
Quelle que soit l'acception retenue, nous constatons que l'univers est toujours conçu comme un machin dont il sort des trucs, certes, mais avant tout comme un machin semblable à une étagère, non pas forcément une étagère a priori, mais à coup sûr étagère a posteriori. --Déterminer si les cases de l'étagère procèdent de l'univers lui-même ou de la nature antécédente de notre entendement qui lui impose ses règles est ici hors sujet.
Avant de poursuivre, il importe de remarquer que cette façon d'envisager l'univers est loin d'être la seule, et que si elle caractérise la pensée occidentale depuis maintenant fort longtemps, et la surcaractérise depuis le succès indiscutable de l'informatique, elle est loin d'être la seule pensée, à la fois belle ou plaisante ou efficace, qui se puisse adopter quant à cette question.
La pensée moderne : ainsi nommerons-nous la pensée logicisante sous sa forme présente et aboutie, elle qui régente déjà la vie intime, elle qui s'est notoirement hypostasiée sous la forme de l'empire logiciel.
Cette pensée moderne est catégoriale. Elle ne survivrait pas à une destruction de la notion de catégorie (qui ruinerait le palais du discret), elle serait humiliée par un dépassement de cette même notion (au profit d'une notion plus vaste et emplie de plus d'air frais). Un tel dépassement adviendrait-il ?
Revenons sur les deux acceptions du catégorial. Premièrement, la praxis ensembliste. Nous déterminons tout étant comme valant avant tout ainsi qu'un élément au sein d'un ensemble. C'est une pratique essentielle à l'ingénierie moderne, puisqu'elle fonde la mathématique modernement conçue, basée sur des axiomatiques ensemblistes depuis le tournant du siècle dernier.
Il est vrai que ce projet axiomatique donne déjà lieu à de profondes fêlures, et le talent formaliste de l'époque moderne consiste à les refouler sous le nom de "paradoxes" (de l'infini, de l'élément atypique, de l'ensemble impossible, etc.) ou d'"indécidables", alors qu'à aucun moment on ne s'interroge sur la validité du valide, --ce qui imposerait de dépasser l'horizon compact du logicisme, il est vrai.
Nanti de ce soupçon, dévoilons donc ce que contient au juste la praxis ensembliste. Qu'est-ce qu'un élément ? C'est un point ou un a-tome (sémiotiquement in-sécable), donné parmi un répertoire de possibles. "Element" en ce sens est "indivis", qui est le pendant de "corps" ou "unité" : ces derniers mots désignant ce qui, étant par nature composite, est donné comme un tout unifié qu'on renonce de disséquer, de par sa puissance à demeurer tel qu'il est.
La synthèse conceptuelle de l'"élément/indivis" et du "corps/unité" est l'individu : ce qui est à la fois conçu comme atome de parmi, et comme total de toussa.
Ainsi un chat est un individu parce que je le peux concevoir comme un organisme constitué de myriades de cellules soudées entre elles (il n'y a donc pas de chat, au fond, pas plus qu'il n'y a de soi ou de bananier); mais aussi parce que je peux le concevoir comme une entrée parmi d'autres (chat, chien, souris, hamster...), un point parmi une collection.
On voit déjà par là que la praxis ensembliste, si puissante qu'elle soit puisqu'elle donne lieu à tout le jeu appelé "mathématique", n'est jamais qu'une moitié de la praxis quotidienne reçue, elle qui ne se contente pas d'égrener dans le monde des éléments, mais jouit aussi de corps.
Mais autre est encore notre ambition, à nous qui voulons poser une troisième praxis dépassant ces deux-là. Troisième praxis au sein de laquelle le catégorial soit fondamentalement dépassé, --si bien que le règne du langage cesse (son règne, mais non son jeu).
Cette praxis tierce, ce dépassement, accède à l'évidence sitôt que sont mis en lumière trois traits propres à toute catégorialité, de première comme de deuxième espèce. 1°) le catégorial est essentialiste : il nous parle des choses en tant qu' être-s. 2°) le catégorial est objectiviste : il donne les choses pour ce qu'elle sont en soi. 3°) le catégorial est discrétisant : il découpe les êtres et les choses suivant des parois visant l'étanche.
Il est essentialiste même lorsqu'il prétend dépasser l'être. Si par exemple il nous parle du devenir, ce sera en le rapportant à de l'être, muni d'une dimension supplémentaire de variable temps. Et pour cette raison il manquera le devenir.
Il est objectiviste même lorsqu'il parle au nom d'un petit sujet égocentré. Il peut bien étaler son ontologie intime sur toutes les pages de son passionnant joueb, il n'en demeure pas moins que ce qu'il donne est donné en tant que tel.
Il est discrétisant même lorsqu'il nous vend des parois prétendues perméables. Que la paroi soit plus ou moins perméable n'enlève rien à son statut de paroi, car ce qui fonde toute pensée, c'est la séparation, et seule l'annulation de la pensée se corrélerait à l'extinction de la séparation.
Nous sommes bien au coeur du problème, car les tenants du Wiki Sémantique aimeraient offrir à l'humanité un index global de toutes les formes existant dans la nature (chiens, chats, cigarettes, anorexiques, parseurs, aspirateurs...) --index qui permettrait de par sa nature de coder exactement quoi que ce soit du dicible.
Or un tel index est nécessairement essentialiste, objectiviste et discrétisant, puisque ce sont là les présupposés de toute démarche catégoriale reçue, et que les tenants du web sémantique ne contestent pas les implicites modernes.
Cependant, les choses du monde ont-elles une raison particulière d'exister plus particulièrement comme "être" que comme un autre modal ? En aucun cas. Les choses du monde, même en admettant qu'elles ne sont que des êtres et rien d'autre ou rien de plus, ont-elles une raison particulière d'être données en tant que telles ? En aucun cas. Les choses du monde, en admettant encore qu'elles sont bien des êtres donnés en tant que tel, même alors, sont-elles vouées (suivant un dessein divin ou une harmonie préétablie ?) à habiter des compartiments tranchés d'un meuble-univers ? En aucun cas.
Nous voyons donc qu'on pourrait très bien défendre l'idée que les choses ne sont
pas que des êtres donnés dans la limitation, que même ainsi elles ne valent pas
en tant que telles, et que surtout tout découpage du donné l'aliène --le classement faisant saigner son objet. {
ainsi...}
Ce n'est pas qu'un cheminement spéculatif. Comme toujours, la question
métaphysique se révèle lourde de conséquence. Qui dit séparation ou
catégoriels dit possibilité d'établir des orthodoxies
(le seul crime,
selon Cioran), de dénoncer des pathologies, d'oeuvrer des nosographies,
de machiner des thérapies, de coller des prédicats au dos des sujets
et même de leur bâtir quelques cellules --de convection, bien entendu.
(Nous répondrons ultérieurement à qui objecte que de telles séparations
sont absolument nécessaires puisqu'il y a bien "en réalité" des
criminels, des malades et des fous. La réponse requiert que l'on
dévalue le triolisme moderne de l'être, du paraître et du devoir. {
même si...})
Cependant, le lecteur attend une solution implémentable en machine --il se demande par exemple par quoi il faudrait remplacer les étiquettes Category sur son wiki. La réponse à cette hâtive question demande que l'on précise la conséquence paradigmatique du catégorial dans la sphère de la pratique linguistique.
Cette précision se fera en trois temps : premièrement, comprendre que la solution envisagée va nécessairement se démarquer des lieux communs de l'informatique moderne, et en faire son deuil; deuxièmement, réaliser la nature spécifique du traitement linguistique au-delà d'une approche purement logique ou formelle, et en-deçà d'une vision philosophique ou philosophante; et troisièmement, passer à la pratique d'une manière congrue autant que spécifique.
Car c'est un fait que bien des pratiques présentes sur Internet conservent encore les marques ataviques du discours non connectif tel, par exemple, ce funeste fétichisme du lexique qui fait qu'on "lira" un discours sur les "catégories" comme s'il concernait exclusivement un type d'objet portant accidentellement le même nom (aux anglicismes près).
(Il n'avait échappé à personne, en effet, que les Category des wikis ne sont pas des catégories ensemblistes au sens de la sémiotique, de la logique ou de la philosophie, mais uniquement des sites jouant le rôle de noeud central dans des sous-réseaux étoilés locaux. Comme du reste de telles structures apparaissent spontanément dans tout réseau suffisamment vaste (pour des raisons purement ramseyennes), on en déduit que vanter leur utilité est un exercice facile et de peu d'intérêt.)
(à suivre)
Commentaires
Migrés sur Category Category Discussion
Complément utile :
Un workshop sur le web sémantique et la logique floue.
Dernière modification le jeudi 24 mars 2005 18:36:34



