Economie Sous Jacente Au Traducteur Lexical

Lisez d'abord la page Traducteur Lexical, pour comprendre de quoi il est question.

Surtout la note qui explique comment les contributeurs sont rétribués.

Pour le redire de façon condensée, on a un algo qui extrait des infos d'une base et calcule le résultat que quelqu'un demande. Chacun peut acheter un euro le droit de stocker une info dans la base. Quand quelqu'un utilise la base pour calculer un résultat, il paie aussi un euro, et tous ceux dont les infos ont été utilisées pour l'obtention du résultat touchent une partie de cet euro, au pro rata de leur importance pour le calcul.

Donc, si vous me suivez bien, ceux qui remplissent la base "investissent" dans leur savoir. C'est un statut qui n'est pas celui du salarié (problème juridique ?), mais plutôt une sorte d'acteur freelance, ou encore de jardinier de son propre lopin de compétences.

Il y a encore deux choses à voir là-dedans :

  1. Il est impossible de noyauter la base avec les infos cruciales, parce que dans le domaine des relations sémantiques entre mots ou groupes de mots, les relations sont massivement horizontales. Au mieux, on peut tabler sur le fait que tel domaine (mettons la biologie moléculaire) sera très demandé en telle langue (mettons l'anglais) et "investir" dans ce créneau. Mais cela reste une tactique mineure, car l'expansion du réseau par lui-même devrait, théoriquement, repousser sans cesse les éventuels bastions.
  2. Il est de l'intérêt du contributeur de mettre des infos pertinentes, puisque plus l'info est pertinente pour les calculs, plus sa quantité d'usage est grande, donc, par pro rata, la personne qui a investi dans cet info gagne plus à chaque fois.

Nous avons donc là, en apparence, un modèle libéral dans le sens où il y a agent (faussement?) autonome, régulation du système par lui-même, etc. Dans le même temps, tout ce qu'on demande ce sont des compétences telles que savoir que voler c'est to steal quand le voleur est comptable, donc ce n'est pas la mort. Il y a donc moyen, semble-t-il, de créer de la richesse d'une manière qui n'exclut pas, pas en apparence en tout cas.

Maintenant, il se peut que ceci ne soit qu'un rêve, une illusion, et que le voile de la Maya va en se déchirant une fois de plus nous tomber sur la gueule.

J'ai soumis le projet de cette entreprise de sémantique qui ferait de chacun une sorte d'agriculteur indépendant du lexique (et le lexique est plus vaste que la Plaine Kazadjik ou que le Far West... c'est un terrain théoriquement infini, vu que la langue augmente sans cesse). J'ai eu par endroits des avis positifs, mais ce qui m'intéresse le plus, ce sont évidemment les avis nuancés.

Quelqu'un me dit notamment que ce projet tente de se baser sur une économie qui calque le principe informatique de l'outil, et que cette prétention innovante risque d'en diminuer le succès. Il serait plus simple, selon lui, de faire une base que des salariés remplissent, ou bien des robots, ou les deux, bref, l'important c'est de soumettre l'innovation à Google ou à un concurrent de Google pour qu'ils l'installent sur leur moteur de recherche.

En effet, songez qu'un outil de parsing sémantique qui, en utilisant un rhizome par exemple, serait capable de dire : "d'après l'allure lexicale et syntaxique de cette page, je gage que celui qui l'a écrit est POUR la Constitution Européenne..."... un tel outil aurait un succès fou, les gens se serviraient de lui pour trouver directement la bonne page {note1}

Bref, selon cet intervenant, le machin permettrait de ruiner Google en peu de temps, selon le principe : "un gros ordinateur avec beaucoup beaucoup de mémoire + l'algorithme ==> en deux semaines les références des pages sont meilleures que celles de Google et détruisent son monopole"

Ainsi, cet intervenant considère que le but ultime de toute technologie sémantique est... de faire des Google-killers.

Maintenant, j'aimerais que vous pesiez bien la conséquence de toutes ces divagations : il est clair que faire un Google-killer doit pouvoir se faire (enfin, moi, je ne sais pas...), mais si c'est juste pour remplacer le monopole de Google (qui a aussi le privilège du define:, en ce moment) par un autre monopole, celui de Trucmuche & Co, est-ce que ça vaut vraiment la peine ?

Peut-être que tenter une petite expérience économique et sociale pour voir si un "modèle" de création de richesses plus "collaboratif" serait plus amusant ? Vaudrait plus le coup ?

Si vous pensez que oui, alors il ne suffira pas de hocher la tête en faisant mouimoui derrière votre écran. Il faudra vous bouger activement le train ou au moins les phalanges des doigts pour indiquer au moins par l'intermédiaire de votre clavier que ce projet vaudrait le coup d'être soutenu, et pas simplement par "les autres", mais aussi par un être de chair et de sang (que vous pourriez éventuellement être, dans ce cas).

Si en effet je reçois suffisamment d'encouragements pour tenter la mise en oeuvre de cette innovation à caractère politique "solidaire", il y aura sens à faire les démarches qui s'ensuivent... Sinon... que dire ! Il faudra sans doute monter la chose de la manière "classique" bien connue... -- esc

{note1} : S'il-vous-plaît, considérez au passage qu'un tel outil peut être utilisé comme filtre de votre courrier électronique pour toutes sortes d'autres usages qui ne vous plairaient pas forcément.

ben moi, j'suis un être de chair et sang, passionné par la démonstration et qui trouve qu'il faut préserver le caractère politique solidaire de la mise en oeuvre. Une question tout de suite, sur le problème de la grosse machine qui stocke tout, n'y-aurait-il pas de la pertinence à explorer la piste genre computer grid. Ca peut être plus joli mais pas seulement. -- oz

Dernière modification le vendredi 15 avril 2005 22:13:32

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