Conclusions Sur La Vie Et Son Insupportable Epaisseur
esc: Quinze conclusions sur la Vie et son Insupportable Épaisseur, extraites d'un essai plus conséquent. Quinze conclusions dont nous pouvons débattre ici, en Nonqui Nonqui.
1. La vie, avec son épaisseur, est un problème qui ne se laisse décidément pas cerner.
2. Le long de l'existence se dessine une affaire qui n'a semble-t-il aucun fond. (--->Aucun Fond par Cochonfucius)
3. Les épisodes vécus se succèdent mais requièrent un acteur premier, qui ne peut être que soi. Cependant, soi ne se saisit pas lui-même, lors qu'il pourrait passer sa vie entière à l'essayer. Soi apparaît comme un continent lointain, un eldorado insondable. La vie intime de l'être lui est imperméable. Il ne peut assigner de causalité une et première à la série de ses actes, et, si même il y arrivait, cette causalité l'écraserait et l'annulerait d'un seul coup.
4. Le bonheur qu'il y a d'être le héros de sa propre histoire, sans même à aucun moment s'en rendre compte ! Le supplice quotidien au contraire, que cela est, d'être en conscience de chacun de ses actes, de chacun de ses états, à chaque minute !
5. Le sens lui-même, tout comme le soi, se dérobe, et rien ne peut assurer au quêteur de signification qu'il trouvera une réponse à son angoisse en dehors de l'abîme de la réflexivité des choses elles-mêmes. (--->Angoisse Du Chercheur De Signification par Cochonfucius)
6. Quiconque entreprend de sonder le monde jusqu'à l'inflexible, tombe sur le néant, tombe sur l'abîme.
7. Si j'espère trouver le sens de cette sourde et déjà depuis trop longtemps rejouée histoire, rien ne me parvient que la clameur que tout cela est vide de sens, justement.
8. Si j'entends à tout prix me raccrocher à un sens, peut à la rigueur me parvenir l'idée que le sens de tout cela est qu'il n'a aucun sens, justement. Mais cette réponse toute pleine de paradoxe est de nature à rendre fou celui qui la prend pour telle. (--->Donc Soyons Fous Occasionnellement par Cochonfucius)
9. La première propension des choses est d'être justement et exactement ce qu'elles sont, dans leur limitation notoire.
10. Les choses qui peuplent notre vécu ne se soucient guère de stabilité épistémologique, c'est nous qui imposons la permanence des idées scientifiques à la vie, qui elle de son côté n'en a rien à faire. Au final, c'est toujours la vie qui s'en remet, et qui gagne contre nous.
11. Le caractère circulaire de la recherche et du sens et du soi ne laisse pas présager de prime abord l'enfer lui-même circulaire qui guette celui qui se laisse prendre au piège de la détermination ultime des choses. (--->Parcours Presque Circulaire par Cochonfucius)
12. Nous sommes faits, faits comme des rats dans la taupinière de l'Être, lequel ne nous laisse aucune issue que métaphysique, c'est-à-dire par là une voie sans issue.
13. Il faudrait pour commencer être capable d'être en face d'un seul épisode de vie réellement vécue, et de dire : cela c'est cela, et d'ailleurs rien que cela. Mais quels mots, ou quelle absence de mots soigneusement disposée, permettrait de dénouer le nœud gordien de cette indisponibilité de notre langage ?
14. Si le fil de la vie nous a usés à ce point que nous espérons à présent user de même les choses jusqu'à la corde, pour qu'en apparaisse toute la substance, ce qui nous avait échappé jusque là, c'est que nous sommes désireux de ne pas répéter l'erreur de l'ignorance primordiale, dont découlent nécessairement tous nos maux. (--->Ignorance Primordiale par Cochonfucius)
15. Cela ne veut pas dire pour autant que le sens du sens se substitue au sens de la vie, et la question bien problématique de la vie dans son épaisseur reste et demeure la question première à laquelle nous n'avons d'autre choix que de nous frotter.
Dernière modification le mardi 27 novembre 2007 17:17:52



